Une petite fille, c’est plein de rêves… Des rêves de princesse, de romances, de vies d’héroïnes, de princes charmants, de coups de foudre, de beauté, de pureté et de simplicité dans les sentiments etc…
Mais une petite fille, ça imagine aussi beaucoup sa vie de femme et de maman, ça se projette dans le futur.
Alors, petite fille, en dehors de ces rêves de féeries, voici comment j’imaginais ma vie d’adulte.
Vers 18 ou 19 ans, je rencontrais un jeune homme charmant, séduisant, gentil, et nous craquions littéralement l’un pour l’autre, au point de nous installer ensemble, de nous marier un an plus tard à l'église avec une grande robe blanche, dans la plus pure des traditions.
Nous faisions aussitôt un ou deux enfants, peut-être même davantage, car les grandes familles m’ont toujours fait rêver.
Nous achetions ensemble une jolie petite maison avec un grand jardin, dans lequel nous installions une balançoire pour les enfants et un bac à sable un peu plus loin.
Nous adoptions un gros chien poilu et affectueux.
Chaque soir après notre journée de travail, nous nous retrouvions tous en famille autour de la table, à nous raconter nos journées.
Puis nous couchions les enfants après leur avoir lu une histoire.
Enfin, tous les deux, nous aurions enfin pu profiter d’une soirée en tête à tête.
Je n’imaginais rien de plus que cela, parce que déjà, une famille unie, dans une petite maison, avec les enfants et le chien, pour moi c’était ça l’image du bonheur.
Je ne voyais rien de plus au final, et atteindre cet objectif aurait été pour moi la réussite, là où mes propres parents avaient échoué.
Mes ambitions étaient bien modestes :
le bonheur, tout simplement.
Au final, que reste-t-il de ces rêves de petite fille ?
C’est fou ce que l’on change en grandissant.
Aujourd’hui, la situation est la suivante :
Je n’ai pas été capable de trouver la bonne personne, et les histoires successives m’ont vite fait déchanter sur la sincérité des uns et des autres,
Je me suis rendue compte que je ne faisais que donner sans cesse sans jamais recevoir en retour (pas que j’en attendais non plus puisque c’est dans ma nature, mais tout de même !)
Je n’ai trouvé qu’une seule fois un homme que j’aime et qui m’ait donné envie de faire des enfants avec lui, et puis je l’ai finalement quitté, et à juste titre, vu qu’avec le recul il n’aurait pas été digne d’être le père de mes enfants
J’ai fait le deuil de l’idée d’être une maman jeune comme l’avait été ma propre mère
Je me suis presque résolue à être maman solo un jour prochain, parce que je ne veux pas passer à coté de la maternité, avec ou sans homme.
Mon gros chien poilu partage ma vie depuis plus de six ans.
Enfin, dernier verrou qui ait sauté l’an passé : ma petite maison, que je me suis achetée seule, finalement.
Pourtant étrangement, si je repars un an en arrière, je refusais catégoriquement d’acheter une maison seule. Pourquoi ? Parce que c’était un projet qui me tenait tant à cœur que je voulais que ce soit un projet partagé à deux.
L’investissement d’une vie, comme je disais, cela doit se faire à deux. Et puis, cela m’a pris comme une grippe, en deux mois, j’ai décidé d’investir et j’ai trouvé LA maison pour laquelle j’ai craqué. Le coup de foudre immédiat, je pense qu’elle était faite pour moi. Apres tout, ne dit-on pas qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ?
De plus, je me rends compte que depuis plus d’un an que je tiens ce blog, initialement pour détailler mes rencontres comiques ou tragiques, j’ai bizarrement freiné les rencontres, et de moins en moins envie de rencontrer pour rencontrer.
Je n’ai plus vraiment la Foi et je ne m’attends plus à croiser celui que je cherchais tant via ce media de l’ultra moderne solitude, et je me suis rendue compte que ma vie me convenait, que je m’en étais accommodée et que le célibat, au final, je ne le vivais pas si mal, si l’on occulte finalement les quelques soirs de blues. Et globalement, aussi étonnant que cela puisse paraître, je suis heureuse.
Ce qui pèse davantage que la situation de célibat, c’est le regard extérieur, moralisateur des autres, de ceux qui sont en couple.
Moi, mon célibat, il ne me pèse pas vraiment, ma vie est bien remplie. J’ai peu de temps de m’apitoyer finalement sur mon triste sort pas si triste que cela.
Et quand je vois tous ces gens malheureux ensemble, qui cherchent désespérément une échappatoire à leur vie morose, j’aime autant être seule et épanouie que de me morfondre avec un boulet.
Mais comment le faire admettre ?
Comment faire comprendre aux autres que l’on est heureux même sans forcément entrer dans un moule ?
Je n’ai jamais été un mouton, mon indépendance et ma liberté de penser ont toujours été miennes, et je comprends que cela surprenne, sans pour autant admettre de devoir me plier à la bienséance.
Personnellement, je ne me sens pas célibataire au sens « populaire » du terme.
Comme beaucoup d’autres je vis seule, en effet, mais je déteste ce terme de célibataire, systématiquement interprété comme « cherchant quelqu’un », puisque je ne cherche plus vraiment qui que ce soit.
Je me sens fondamentalement différente : je suis une solo.
Il y a des gens faits pour être épanouis à deux, et il y a des gens qui s’épanouissent seuls. Je suis donc profondément solo.
Au final, je vais vivre ma vie comme je le fais depuis toujours, sans me soucier de moralité, de moule, de ce qui se fait ou non. Si la vie, le Destin, le hasard, ou autre force mystique, se décide(nt) un jour à me faire croiser LA bonne personne, alors tant mieux, et si tel n’est pas le cas, eh bien, je n’en ferai pas un drame…
Seule ou à deux, la vie est belle, de toutes façons.
illustrations : Joe Axton - Radiance I et II et Zhaoming Wu - Après midi calme
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