Au hasard de mes allées et venues ces derniers temps (nombreuses comme d’habitude) il m’a été donné de croiser la route d’une femme d’une cinquantaine d’années.
En fin de conversation, elle a fini par m’apprendre qu’elle est psychothérapeute. Comme quoi on ne sait jamais à qui l’on parle, et parfois, on se dit qu’on aurait peut être mieux fait de la boucler, au cas où tout ce que l’on ait pu dire ait été analysé, mais bon, passons sur cette question.
Nous parlions de tout et de rien et elle m’a demandé si j’étais mariée, question à laquelle j’ai répondu que j’étais en quête d’un homme qui soit digne de fonder quelque chose avec. Elle m’a alors confié qu’elle-même n’avait jamais tenu à se marier, et ne le ferait jamais. Parce qu’elle voyait dans son métier tant de gens mal accompagnés qu’elle doutait fortement que l’homme et la femme soient faits pour vivre ensemble.
Elle a dit qu’en fait, parfois on est simplement fait pour être seul et vivre seul, parce qu’on est bien plus heureux ainsi.
D’après elle, la plupart du temps, les gens veulent être en couple pour être dans la norme sociale, et pour rien d’autre, parce qu’il faut être conforme au modèle de la société. Mais, chose importante selon elle, il faut avant tout se poser les questions suivantes :
- Suis-je heureuse à vivre seule ?
- Le serais-je davantage avec quelqu’un ?
- Et enfin, primordial, qu’attend-on d’une relation à deux?
Voilà, petites questions anodines sur le coup, mais qui après mûre réflexion, et de nombreux tours dans ma petite tête de blonde, ont fini par me faire m’interroger…
Suis-je heureuse à vivre seule ?
Oui, je suis heureuse à vivre seule, sans contrainte, et libre et indépendante comme je l’ai toujours été.
Serais-je davantage heureuse avec un homme à mes cotés ?
Aucune idée, vu que mes deux expériences de vie de couple n’ont pas été très satisfaisantes, que je suis possessive et jalouse, que je n’arrive pas à faire confiance à l’autre, que je doute beaucoup sur l’amour qu’il me porte parfois et que je ne supporte pas de ne pouvoir le joindre lorsque j’ai envie de lui parler. (Mais je me soigne, cela dit, depuis que je l’ai réalisé…)
Alors peut être que le fait d’être seule fait que finalement je n’ai aucune question à me poser vis-à-vis d’un éventuel partenaire de vie… Que je me sens donc plus libre et sans attache, sans contrainte, sans compte à rendre, sans justification à donner sur ce que je fais de mes jours, de mes heures, et lors de mes déplacements. Je ne supporte pas en effet qu’on me demande de me justifier, surtout quand je sais que je n’ai jamais rien à me reprocher. Je suis d’une fidélité inébranlable lorsque je suis en couple, et Brad Pitt pourrait atterrir dans mon lit, je n’y toucherais même pas…
Cela dit, est-ce que le fait d’avoir un homme dans ma vie m’apporterait quelque chose ?
Je ne manque de rien et j’ai une vie qui me convient,
je n’éprouve pas de manque qui devrait être comblé par une présence permanente,
je n’ai pas besoin, comme certaines personnes d’avoir une autre moitié pour avoir un équilibre, et j’ai plutôt tendance à penser que lorsque j’ai quelqu’un dans ma vie, tout est chamboulé et c’est lorsque je suis accompagnée que j’ai l’impression de manquer d’équilibre… Paradoxal, non ?
Ou alors c’est parce que je n’ai pas encore trouvé la personne adéquate, mystère…
Enfin, cette dernière question, sur ce que j’attends de la relation.
Je me le demande bien finalement…
Outre le fait d’avoir quelqu’un vers qui aller le soir, le plaisir de le retrouver, de se blottir dans ses bras, de sentir sa présence, de parler à quelqu’un d’autre qu’à mon chien ou mon chat, d’échanger sur le plan humain, de rire, de se confier, de parfois s’engueuler, de se réconcilier, de partager des moments tendres, de dormir blottie contre quelqu’un, de faire des projets à deux, de profiter de ces instants ensemble, qu’est-ce que je peux bien attendre d’une relation à deux ???
Mystère…
Et si je n’en attendais rien finalement ?
Et si moi aussi je voulais quelqu’un pour éviter les soirs de ras-le-bol du célibat ?
Et si je voulais moi aussi entrer simplement dans la norme sociale ?
Serait-ce possible ?
Moi qui ne fait jamais rien comme tout le monde, je me demande bien si j’ai réellement envie d’être avec quelqu’un.
Pour prendre cela de façon humoristique, je me demande :
- si j’ai envie d’avoir des soucis en plus de ceux que j’ai déjà par moi-même,
- si j’ai envie d’avoir deux fois plus de linge à laver ?
- deux fois plus de rangement ou de cuisine à faire,
- moitié moins de factures à payer mais deux fois plus de démarches administratives ?
- deux fois plus de choses à gérer
- et deux fois plus de choses à organiser ?
Bref, finalement, ce petit break de quelques jours m’a bel et bien reposée et permis de décompresser, mais il me fait maintenant m’interroger sur ma quête…
Et si ma quête était tout simplement la recherche de l’Amour avec un grand A, cela justifierait-il tant d’acharnement, tant d’espoir, tant d’entreprises, pour finalement un sentiment éphémère qui ne dure jamais toute une vie ?
La quête du graal, en somme, vaut-elle le coup? L’intérêt d’une quête n’est-il pas dans la quête elle-même plutôt que dans la finalité ?
Je pense que je ferais mieux d’arrêter de me poser des questions avant de me rendre compte que je ne cherche finalement plus rien, car je n’y crois plus depuis longtemps de toute façon… Ah bon ? N’y croirais-je donc plus ??? Véritablement ? Non, c’est impossible…
Je pense que je crois encore en l’amour, mais est-ce que j’y crois encore pour moi, c’est une autre histoire…
J’aimerais poser la question :
Quand vous vous regardez dans le miroir, pouvez-vous sincèrement vous poser la question suivante: Qu’est-ce que j’attends de la relation à deux ?
Et êtes-vous capable d’y répondre en toute franchise ?
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