where is the one... the one for me!!! For me, formidable...LE REVOIR...
Souvent je l’imagine, face à moi lors d’une conversation très intimiste, un échange presque susurré, des phrases à peine audibles, dans une atmosphère un peu sombre, une ambiance feutrée, un soir très tard, après avoir parlé des heures ou toute une nuit. Il me dirait « et pourquoi moi ? » enfin il dirait surtout ça en anglais :
"WHY ME?"
Et là, que lui répondre ? Et surtout que puis-je dire qui soit sincère sans être ridicule…
Répondre en deux mots ? « Parce que » comme lorsque j’avais 5 ans, mon expression favorite de l’époque.
Répondre en trois mots ? «Toi sinon personne » pour faire référence à une chanson de France Gall, mais il n’aurait pas cette référence culturelle de par son origine, donc impensable
Répondre en une phrase ? « Eh bien parce que tu me plais et c’est tout » mais pas très original ; sûrement pas la réponse qu’il attendrait et indigne de lui
Faire un paragraphe légèrement plus dense ? « Parce que depuis le jour où je t’ai vu, je craque, je suis irrésistiblement attirée et c’est inexplicable » Je le vois sourire d’avance…
Quant à moi, je ne pourrais pas le regarder en face, c’est sûr !
Non, rien de tout cela. Je ne pense pas que cela pourrait se résumer ainsi. Parce que ce n’est pas moi de faire des phrases courtes, de faire des réponses brèves à des questions complexes, moi qui en rajoute toujours. J’aurais bien envie de lui dire tout ce que j’ai sur le cœur depuis si longtemps.
Mais oserais-je lui dire…
Que depuis nos premiers échanges d’emails, je l’ai trouvé sympathique, intéressant et différent. Le temps écoulé entre chaque mail de lui, je me souviens, c’était une surprise bien agréable de trouver quelques phrases au bout de quelques jours sans nouvelles. Peu de choses, mais toujours joliment dites et la marque de quelqu’un qui sait ce qu’il veut.
Je n’avais qu’une photo un peu floue à l’époque. Sur sa fiche, un visage de profil, pris en extérieur, les cheveux au vent et longs d’une bonne quinzaine de centimètres. Un regard lointain et mystérieux, comme tourné vers l’avenir. Moi ; j’imaginais une photo prise sur un port de pêche un jour de grand vent, car on devinait le col d’un manteau épais autour de son cou, et cela m’avait bien plu, et intriguée. Je me demandais pourquoi un type disant habiter Paris me contactait à vrai dire… J’ai appris plus tard que c’était Londres mais qu’il était souvent sur Paris.
Il a su maintenir l’intérêt par son manque de régularité dans ses emails, une fréquence bien a lui qui me changeait beaucoup de l’assiduité des autres correspondants que j’avais à cette époque, qui eux s’énervaient dès que je les laissais sans nouvelles plus de trois jours. Jusqu’au jour de Juin où nous nous sommes rencontrés. Il avait dit, dix jours avant, qu’il me contacterait et viendrait me voir ce jour-là. Puis plus de nouvelles. Je ne savais pas s’il le ferait… tout en ayant une vague impression qu’il le ferait. 4 mois d’échange et je savais qu’il était quelqu’un de parole.
Il m’a envoyé un sms ce jour-là, et je lui ai dit où je me trouvais, à quel endroit de cette jolie ville du Cambridgeshire il pourrait me croiser. C’est lui qui m’a trouvée et qui est arrivé par ma droite alors que je consultais l’un de ses messages disant « j’y suis ». Le téléphone, ça sert de l’avoir à la main…
Un grand sourire, de part et d’autre, et la bise comme deux vieux amis. Il était grand, plus que je ne l’avais imaginé, mais pas trop, pantalon en toile, chemise blanche et veste de laine vert foncé je crois bien, pour rehausser son teint mat. Oui, « la classe » j’ai pensé… Tellement mieux que sur la photo !… Nous sommes allés boire un thé, puis après avoir été expulsés du salon de thé à l’heure du déjeuner, nous sommes ensuite allés dans un restaurant dans la rue d’a coté. On a parlé sans cesse, jusqu'à ce que je doive le quitter vers 16h30 pour être sûre de ne pas manquer mon ferry de retour.
Alors voilà, la rencontre a duré près de 5 heures seulement. C’est court cinq heures… Et en même temps… C’est long, c’est intense parfois, sans que l’on ne s’en aperçoive sur le moment…
Alors pourquoi lui ?
Parce que je me souviens de tout, de chaque minute ou presque.
De son allure, classe, mais cool
De sa façon de dire bonjour, son aise et sa prestance naturelle, sa zen attitude
Son charme indéniable
Du naturel de nos pas lorsque nous marchions cote à cote, moi qui cours toujours derrière tout le monde et n’arrive jamais à suivre le rythme de personne
De cette impression de faire connaissance avec quelqu’un que je connais intuitivement
Je me souviens d’avoir frôlé son bras dans la rue, en descendant vers la place ; alors que je regardais en l’air en parlant et que je ne marchais pas très droit (déjà ivre de sa présence ?).
Je me souviens quand, pour lire l’écran de mon portable qui ne trouvait pas de réseau, il n’a pas pris le téléphone mais il a pris ma main dans la sienne et que j’avais ses doigts entourant les miens, l’espace d’un instant.
De son air amusé quand je répondais au téléphone au salon de thé pour un soucis technique professionnel, et que lui me montrait discrètement les panneaux ‘interdit au portable’ juste au dessus de nos têtes.
De son regard quand je lui parlais, de ses yeux qui buvaient mes paroles.
De ses yeux sombres magnifiques
De ses mains fines et masculines, mais soignées jusqu’au bout des ongles
De son expression lorsque tous les deux à la sortie du salon de thé, nous avons rallumé nos portables respectifs pour écouter la messagerie « it’s going to be fun ! »
De sa façon d’ôter sa veste
De sa façon de sourire en détournant le regard, comme s’il était gêné
De sa façon de se tenir quand il m’écoutait parler en croisant les doigts
De sa façon de s’exprimer et de cet accent subtil et pourtant si mystérieux pour quelqu’un qui a été élevé à Londres…
De son sourire magnifique (ouille, j’ai comme un pincement au coeur…)
De ses cheveux noirs et brillants
De sa façon de se passer la main dans les cheveux… (je m’en mords encore la lèvre rien que d’y penser)
De son sourire en coin lorsque je me sentais gênée par une remarque de sa part
De sa façon de dire « c’est la vie » en français avec un accent prononcé, mais à tomber (mon Dieu, je frôle la crise cardiaque)
Je me souviens aussi, à la sortie du restaurant, quand j’ai eu l’intuition qu’il nous manquait quelque chose et lui en ai fait part, il a réalisé qu’il avait oublié sa veste
De la manière dont il a fait demi tour pour récupérer son bien
De l’instant où, debout contre ma voiture, il m’a attrapée par les épaules pour me rapprocher de lui, libérant ainsi la voie à une dame qui passait (quel beau prétexte…)
De cette difficulté à nous dire au revoir sans savoir quand on se reverrait malgré la tentative de trouver une date commune sur mon agenda barbouillé de rendez-vous
De la bise pour se dire au revoir, qu’on a du se faire au moins trois fois…
De son petit coucou à la sortie du parking, quand il me suivait dans sa scénic vert pâle
De ce vide que j’ai ressenti quand je n’ai plus été avec lui, d’un seul coup, seule dans ma voiture…
Et puis le soir dans le ferry, j’ai repensé à ces quelques heures en m’endormant.
L’évidence, sur le coup, ne m’avait pas frappée. Le naturel de la rencontre, presque banale, presque logique, et cette sensation que tout était écrit d’avance, que ma place était près de lui ce jour-là, qu’il ne pouvait en être autrement. Comme des pièces de puzzle qui s’imbriquent parfaitement. Oui, une évidence, mais qui ne s’est finalement révélée que plus tard. On est souvent aveugle à l’évidence de certaines choses lorsqu’elles arrivent tout naturellement.
Je me souviens aussi, après, son SMS le lendemain, pour savoir si j’étais bien rentrée, et je me souviens nos heures de dials par messagerie lorsque nous étions connectés en même temps. Nos conversations, nos points de vue, nos quelques divergences. Et nos nombreuses vues similaires quant à divers aspects de la vie en général. J’ai appris à connaître son exigence de chaque instant, sa droiture, son calme, son respect, sa tolérance aussi, sa patience, sa sagesse incroyable, sa faculté de relativiser. Certaines de ces choses qu’il me manque énormément, et qui me font réfléchir sur mes propres façons de fonctionner.
Et là, j’ai su que je n’attendais que de le voir connecté, de le voir me dire « hi » ou « good morning », car ce n’est jamais moi qui l’abordais, probablement par timidité d’ailleurs… Bizarrement nous ne nous sommes jamais parlés au téléphone. J’aurais eu peur du manque en entendant sa voix et cet accent bien à lui, du moins je le crois. Mais j’aurais aimé qu’il m’appelle. La messagerie instantanée c’est bien, mais il y a le coté frustrant du virtuel tout de même…
Sa fiche a disparu du site de rencontre trois semaines après notre rencontre. Hasard ou coïncidence ? Je ne sais pas, mais je n’avais plus de photo de lui non plus, rien que des souvenirs de ces quelques heures passées avec lui.
UNE SI LONGUE ATTENTE
Je sais encore les jours d’attente vécus, dûs à nos déplacements professionnels respectifs, moi entre
Des jours, parfois trop nombreux, et ce rdv qui ne venait pas, sans cesse reporté par l’un ou l’autre, et ma déception grandissante, cette lassitude d’attendre ce qui ne viendra peut être jamais, jusqu’au clash, un jour triste de Décembre. Parce que j’ai un caractère plutôt direct, et que ma patience a ses limites, et aussi parce qu’une réflexion de sa part m’a beaucoup blessée, je l’ai un peu envoyé sur les roses…
Et je n’ai plus donné signe de vie. Pas que je n’en ai pas envie, mais par fierté, cette putain de fierté qui me tuera peut être un jour si elle ne m’étouffe pas avant ce qui revient au même de toutes façons.
Pas un signe de lui pendant 11 mois… Je commençais à l’oublier, à me faire une raison et à tourner la page, je vivais d’autres histoires, sans passion, sans intérêt et sans suite. Sans sentiment aussi, pour être sure de ne surtout pas risquer de m’investir, et rester en sécurité dans mon petit monde à moi, ce que je sais faire parfaitement. Mais un seul signe de lui et tout mon petit monde s’écroule de nouveau comme un vulgaire château de cartes.
Mais si je devais le revoir, là, maintenant, j’aurais peur de le croiser de nouveau, de le voir en chair et en os une nouvelle fois, de le sentir de nouveau si proche physiquement, de le toucher ou presque, d’entendre la douceur de sa voix et le charme de son accent. Je ne sais pas si je pourrais tenir ensuite, si on se quitterait aussi bêtement que la seule fois où nous nous sommes rencontrés, en se disant peut être à bientôt sans savoir combien de jours, de semaines, de mois peut être, quand cette prochaine fois pourrait arriver.
Avoir peur de toucher du doigt quelque chose de si fragile, de se brûler les doigts rien qu’en effleurant, comme une bulle de savon éclate au moindre contact… Les chemins de deux personnes peuvent-ils se croiser à plusieurs reprises dans une vie ? Et peuvent-ils ne faire que se croiser sans jamais prendre le temps de s’arrêter un instant, quelques heures, jours, semaines, voire plus ? N’est-ce pas là la métaphore de nos vies professionnelles respectives ? Ne jamais prendre le temps pour soi… Je m’interroge…
Voilà, alors si je me retrouvais devant lui, là, maintenant, et qu’il me dise « why me ? » je ne sais pas si j’aurais le courage de dire tout cela. Le ridicule ne tue pas, mais la fierté étouffe parfois, surtout la mienne… Et puis, il pourrait risquer de s’enfuir en courant, non ?
Alors je continue à rêver, car le rêve, ça ne fait pas de mal…
Il y a parfois des heures que l’on aimerait pouvoir tenir au creux de ses mains, pour ne pas qu’elles s’envolent…
Email : marjo_solo@yahoo.fr
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