Partager l'article ! Mister Aldo La Classe: S’il y en a un qui m’a marquée également dans le courant de l’année dernière, c&r ...
where is the one... the one for me!!! For me, formidable...S’il y en a un qui m’a marquée également dans le courant de l’année dernière, c’est mister Aldo
C’était un jeune homme de 37 ans, envoyé par l’agence de ‘relations humaines’ dont j’ai déjà parlé dans un post précédent (cf : le pourquoi du comment). En théorie, on pense qu’ils sont triés sur le volet et correspondent un minimum à nos attentes. Détrompez vous, cela est de la pure fiction, car ils font avec ce qu’ils ont en magasin dans les agences. Et les stocks ne sont pas de première fraîcheur…
Premier contact téléphonique très banal somme toute, si ce n’est que d’office, il dit avoir trois enfants, ce qui me refroidit un peu, dans la mesure où j’ai demandé un homme avec au maximum un enfant en bas age. Enfin, pas grave, si jamais Cupidon est là, et qu’il m’envoie une flèche, je me dis que trois enfants ne m’arrêteront pas le moins du monde, même s’ils me feront davantage réfléchir.
On parle peu, mais il m’apprend qu’il en a marre d’être seul et laisse même échapper que le manque de sexe lui pèse un peu. Bon, je ne suis pas choquée, c’est tout a fait normal, et la conversation s’est trouvée naturellement orientée comme telle, vu qu’il a l’air d’être un mec plutôt cool, ouvert, relax et pas aussi coincé que les quelques personnages auxquels j’ai eu à faire précédemment. Au moins, il a de la conversation, parle facilement et c’est plutôt prometteur. Il souhaite m’inviter au resto, mais je refuse poliment, prétextant qu’un verre sera largement suffisant pour faire sa connaissance et qu’on verra ensuite. Ca, c’est mon expérience qui parle, et ce jour-là, heureusement, j’ai fait le bon choix !!!
Rendez-vous est pris devant l’église de la Chapelle sur Erdre, près de Nantes, à tout de même
Le lendemain, donc, je suis assise sur un banc près de l’église alors que Roxane, ma chienne, vaque a ses occupations. J’aperçois un homme pas très grand, en veste trois quart cuir noir, jeans, santiags et lunettes noires qui s’approche de moi. On se reconnaît, on se fait la bise et on se dirige vers la terrasse d’un café situé à quelques mètres.
On commande une boisson, puis il coupe son portable, arguant qu’il préfère que nous soyons tranquilles pour discuter. « tu comprends, j’attends un coup de fil de l’Elysée, mais je préfère qu’ils laissent un message, je les rappellerai ». Moi, incrédule, je m’exclame « ah bon ? L’Elysée, carrément ? » et il explique fièrement qu’il a des activités annexes et travaille avec des gens de la haute, et bien placés, mais que vu que c’est un dossier top secret, il n’en dira pas plus. Moi je me dis que je suis tombée sur James Bond, super, vivement qu’il me sorte ses gadgets que je me marre un peu. Déjà que son téléphone Nokia est d’une banalité mortelle, j’espère que les gadgets, eux, seront à la hauteur…
J’avais déjà rencontré un espion du gouvernement l’année passée, il me manquait plus que James Bond… Laissons le donc rêver, moi je sens déjà que je vais m’amuser.
MAUVAISE IMPRESSION
Le serveur arrive avec les boissons, et Aldo lui demande « tu peux m’amener un cendrier, là, je veux fumer ! » Pas de s’il vous plait, pas de vouvoiement, bref, une arrogance qui me déplait. Il tutoie le garçon de café, ce qui a le don de me faire bouillir, mais je n’en laisse rien paraître, peut-être ai-je reçu une éducation trop stricte, soyons donc tolérante… Il me dit après avoir rangé portefeuille et téléphone, sorti ses cigarettes et posé ses lunettes sur la table « tu verras, quand on se connaîtra mieux, je t’en dirai plus et tu seras étonnée. Ca te semblera normal à force ». Bien sûr, le « à force », je ne suis pas persuadée…Déjà, au bout de 5 minutes, je n’aime pas trop le personnage… Enfin… Trinquons !
Il commence à me demander comment une femme comme moi, peut se retrouver dans une agence, car je suis bien au dessus de tous les boudins qu’il a pu voir jusqu’à présent. Là, j’avoue hésiter entre me sentir flattée ou le trouver immonde vis-à-vis des autres jeunes femmes de l’agence. Je ne dis rien, si ce n’est que je cherche, comme lui, quelqu’un qui me corresponde. Je n’aime pas la façon dont ses yeux passent sur moi, et sa manière de me détailler des pieds à la tête avec son regard de sadique. Il allume une cigarette, sans avoir la politesse de me demander si la fumée me gêne… Limite niveau respect, mais bon…
C’est alors qu’il me raconte que sa première rencontre dans l’agence était concluante sur le plan physique (en termes plus crus évidement), mais qu’il n’a pas souhaité continuer car elle n’était pas à son goût. Puis, pour les autres rencontres, il avoue s’être refusé aux autres adhérentes, qu’il ne trouvait pas assez bien pour lui, bien qu’elles l’aient soi-disant pourtant trouvé très à leur goût elles. Moi je le trouve de plus en plus imbu de sa personne. Il dit s’être plaint auprès de l’agence pour les sélections de « boudins » qu’on lui a présentés (sic Mister Aldo la classe) et me dit qu’il est ravi d’avoir « tapé du poing sur la table puisqu’on lui présente enfin quelqu’un de correct (en l’occurrence moi !)» Dois-je en être flattée ? Je doute, là encore. Il commence à m’écœurer.
Physiquement, il n’a vraiment rien d’exceptionnel pour se permettre une telle exigeance. Il est relativement banal, petit, même pas mignon, brun aux yeux marrons, une grande cicatrice de bec de lièvre sous le nez, des taches roses sur le visage, et quand il parle non seulement il bégaie un peu mais il a les paupières qui clignotent, un peu à
Un silence, j’entends ma Roxane qui est couchée à mes pieds et qui soupire, à croire que ce type commence aussi à l’agacer. De toutes façons, il l’a traitée de gentil labrador alors que j’avais bien dit que c’était une golden. Elle n’a pas apprécié du tout…
Tout à coup, Aldo la classe prend un air offusqué et s’exclame : « mais qu’est-ce qu’elle a à me mater celle-là ? ». Je me retourne et je vois deux jeunes femmes attablées qui prennent un verre et qui ont certainement mieux à faire que de le regarder lui. Je ne relève pas, je bois ma grenadine… Il parle, il parle, il parle. De lui, de lui, et encore de lui. Moi je m’ennuie. J’aime avoir des sujets de conversations lorsque je rencontre quelqu’un, pas assister au monologue d’une personne à l’égo surdimensionné.
Il me fait remarquer « les deux pédales là-bas » qui sont deux hommes qui discutent devant une bière. Ils n’ont pas l’air plus homosexuels que quiconque, et puis après tout, quelle importance d’ailleurs ? Il dit qu’il n’aime pas les « pédales », et commence à parler de déviances sexuelles, à dire qu’être « pédé » c’est anormal, etc. Lui, il aime les femmes ; qui le lui rendent bien à l’entendre, il se vante d’être un bon amant, etc…
Et moi je pense qu’il a dit assez qu’il était en manque alors si c’était seulement vrai, il ne manquerait sûrement de rien. Je ne relève pas, ses paroles glissent sur moi comme mon verre se vide petit à petit…
Il parle de ses goûts en matière sexuelle, et enchaîne sur ses soirées échangistes du samedi soir, me demandant si cela me « brancherait », si je trouverais cela acceptable et autres questions du même ordre auxquelles je ne réponds pas. J’en apprends sur ses prouesses sexuelles et ses performances extraordinaires dont je vous ferai grâce des détails les plus croustillants. Sûr de lui et persuadé d’être beau, il a, d’après lui, des « nanas à la pelle » qui, à l’entendre, n’attendent que lui…
Ben alors, mon pépère, pourquoi es-tu donc inscrit dans cette agence, hein ?
Moi je commence à le trouver limite répugnant, puant d’arrogance, et gerbant de vulgarité.
Sa bière terminée, (ouf ! je pense…) il se lève et dit qu’il va payer avant de m’inviter au resto. Je refuse poliment, disant que j’ai autre chose de prévu, comme je le lui avais dit lors de notre conversation téléphonique. Il dit que c’est dommage, puis, se tenant debout devant moi, fier comme un coq, il me dit « je reviens, mais réfléchis et quand je reviens, dis moi sincèrement ce que tu penses de moi ! » Les paupières clignotent à vitesse grand V, et il disparaît dans le bar. Gloups, blurps, je suis mi amusée, mi écœurée du personnage et franchement ce que j’en pense à la minute présente, c’est que j’ai hâte de rentrer chez moi.
Lorsqu’il revient, il se rassoit. « alors ? »
« Franchement, je ne pense rien, et tu n’es pas mon style. De toutes façons, je t’ai déjà dit que les hommes avec trois enfants n’étaient pas ce que je recherche, alors ne te fais pas d’illusions. » Oups, pirouette, j’ai trouvé la sortie en restant correcte, mon excuse est très valable car je l’avais dit déjà avant la rencontre… Donc pas de mensonge. Mais il est vrai que je me suis mordu très fort l’intérieur des joues avant et après avoir sorti ma phrase, pour m’empêcher de rire aux éclats et rester de marbre… Si si, je vous assure, ça marche, tout comme se mordre le bout de la langue très très fort… Mais ça fait mal !
Il encaisse, assez mal je dois dire, je vois qu’il s’attendait à une toute autre réponse.
Il bafouille un peu, dit que c’est dommage qu’une fille si jolie ne sache pas se faire plaisir par moments (ben voyons, tu crois que ça me ferait plaisir mon grand, de m’envoyer en l’air avec toi ???). Il rajoute en bégayant et en clignant des paupières, que si jamais je change d’avis, que même si je devais lui dire que j’aimerais bien aller plus loin ce soir, même pour un soir, il ne dirait pas non. Ce à quoi je lui réponds en le regardant droit dans les yeux « rassure-toi, il n’y a aucun risque que je te le dise » Là, sur ce coup-ci, j’avoue que j’ai été légèrement plus sèche dans mes propos… C’est que ma patience a ses limites tout de même, et le manque de respect fini toujours par me faire sortir de mes gonds.
A ce qu’il parait, j’ai eu tort de lui refuser un peu de « fun » et je perds beaucoup, c’est drôle, non ? En tous cas, pour un soi-disant charmeur, il fait preuve d’un manque de finesse plus que certain au jeu de la séduction…
BYE BYE...
Sur ces mots, je me suis levée, lui ai dit au revoir en lui précisant que ce n’était pas la peine de me rappeler, car rien ne serait jamais possible entre nous. J’ai pris ma chienne, qui était ravie de se relever enfin pour se dégourdir les pattes, et nous sommes parties fièrement toutes les deux, soulagées autant l’une que l’autre. Elle s’est éloignée du bar la queue en panache, tandis que lui avait sûrement la sienne entre les jambes…
Comment ai-je pu m’empêcher d’éclater de rire, je me pose encore la question, car j’avais vraiment l’impression d’être au cirque… Toujours est-il que j’ai signalé son comportement à l’agence dès le lendemain et qu’il m’a été demandé un courrier en bonne et due forme, courrier que j’ai fait avec ma plus jolie plume, comme vous pouvez certainement l’imaginer…
Aldo la classe a probablement reçu un avertissement de cette agence, ou peut être a-t-il été radié directement, qui sait ? De toutes façons, il est si beau qu’il trouvera certainement chaussure à son pied, vu le nombre de nanas qui n’attendent que lui, alors inutile de s’en faire pour lui.
Email : marjo_solo@yahoo.fr
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