Rémunération de l'auteur

Rémunération de l'auteur

Mardi 19 décembre 2006

Ca n’arrive qu’à moi ce genre de truc.

Je file me reposer dans un endroit désert, au milieu de presque nulle part pour 5 jours, dans une maison communautaire en Normandie où, par miracle, je suis la seule pour mon séjour dans le silence, pour faire ma cure de sommeil réparateur… et voilà que le vendredi, je suis réveillée par des coups de massue dans le mur au rdc, alors que je dors dans une chambre au 2e étage de la maison, sous les toits.

 

Bon ok, il est tout de même 10h30 du matin, largement l’heure de se lever, mais, j’en suis au 3e jour de repos, et le premier jour, mercredi, j’ai tout de même réussi l’exploit de dormir 17h sur 24 (ça devait faire au moins 30 ans que ça ne m’était pas arrivé).

Jeudi, rebelotte, j’ai dormi 12h, en faisant le tour du cadran.

Donc vendredi, réveillée à 10h30, je n’avais pas à me plaindre.


Je descends, et en me rendant à la petite cuisine communautaire, je tombe sur un poseur de fenêtres qui change la fenêtre de l’arrière cuisine. Tout surpris de me voir débarquer, alors qu’il pensait la maison vide.

Raté pour le silence, je me vois bien obligée de parler, déjà pour dire bonjour (ben oui, je suis polie moi)…

 

Evidement, je déjeune tranquille, en lisant mon bouquin à table (ouh la, c’est impoli, mais je suis seule alors tant pis !), puis avant de remonter me doucher, je regarde le mec travailler parce que voir déposer une fenêtre totalement, ça m’intéresse. Pourquoi ? parce que juste pour Noël, je fais changer des fenêtres chez moi, dans ma petite maison. Donc évidement, moi qui bricole, j’observe et je pose des questions, en grande bavarde curieuse que je suis. Et lui, tout content de parler à quelqu’un il me donne des infos.

 

Il doit avoir la trentaine, sympa, petit gabarit, brun aux yeux clairs, souriant, marrant. Puis je le laisse bosser, je file faire un tour sur la plage, au grand air, car il fait beau dehors, et je veux m’aérer un peu après 2 jours enfermée.

Je rentre en début d’après midi, et je retourne à la cuisine me préparer un petit repas. Il est 14h, et il revient pour continuer son boulot. On papote, et bien évidement, j’en dis encore trop, comme toujours, sur ma situation de célibataire bricoleuse qui rénove sa maison elle-même. Impressionné le type ! Et pourtant, ça n’a rien d’extra ordinaire.

 

« Ah ben si j’avais su, je vous aurais invitée à déjeuner avec moi ce midi, ça aurait pu être sympa de discuter ensemble » dit-il,  puis il ajoute qu’il fait aussi des chantiers sur Nantes et le 44, vu qu’il a remarqué que la Volvo immatriculée 44 était donc la mienne, devant le bâtiment. Le pire c’est que lui aussi est célibataire dites donc… Quelle coïncidence, hein ?

 

Pourtant, quand je me regarde dans le miroir, en jean usé, vieux pull, vieilles pompes, et bien évidement, pas coiffée ni maquillée, j’ai du mal à croire qu’un type ait envie de m’inviter à manger avec lui dans mon état. Surtout que je suis toute bouffie d’avoir dormi autant, bref, une épave en quelque sorte. Suis pas venue ici pour voir du monde, je suis venue faire une retraite dans le silence, pour ne voir personne, donc pas trop besoin de faire des efforts, je ne suis qu’avec moi et le chat de la maison, qui lui, se fiche royalement de mon allure tant que je lui fais ses caresses et daigne lui donner un peu de viande.

 

Parler bricolage et rénovation, c’est sympa. Il s’étonne que j’aime ça étant « une femme » et quand j’avoue que le parquet, le carrelage, la peinture, le papier peint, et l’électricité n’ont aucun secret pour moi ou presque, il s’exclame :

« mais vous êtes une femme parfaite alors ! »

Ah ah ah…

« Pas vraiment, non j’ai plein de défauts, rassurez-vous, et je suis bien incapable de cuisiner ou de repasser par exemple…»

 

Bon l’air de rien, finalement, ça fait tout de même plaisir d’entendre ça, non ? Ca me rassure quelque part, sur non seulement ma capacité de séduction, même en l’état d’épave où je suis, et sur ma capacité à susciter de l’intérêt chez un homme. Un sacré plaisir narcissique, tout de même, mon égo est tout émoustillé…

 

Au final, je le laisse finir de bosser, prétextant un tour à faire dehors, alors qu’il me dit que si je veux, je peux revenir avant 17h, heure à laquelle il aura terminé sa pose de fenêtre, et qu’on peut éventuellement aller prendre un verre pour discuter bricolage. Merci, mais je ne suis pas venue draguer ;-)

 

Enfin, cela dit, je ne suis pas encore à foutre à la benne, et ça, c’est un vrai plaisir...

Vivement le Printemps!

Par Whereistheone, alias Marjorie - Publié dans : Les rencontres / Meetings
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Lundi 6 novembre 2006

De belles rencontres, on en fait sur Internet. Pour preuve, mon meilleur pote mec, c’est une rencontre Internet en 2001. Alors j’avais envie d’en parler un peu.


Pour ne pas que l’on dise que je ne fais que dénigrer les gens que je rencontre, je dois dire que certaines rencontres ont été très sympathiques. Mais ma rencontre avec JC a été tout de même la plus jolie des rencontres d’amitié que l’on puisse rêver de vivre.

Nous nous sommes croisés sur un site de rencontre qui n’existe plus à l’heure actuelle, et avions plein de points communs. Seuls depuis un peu plus d‘un an, moi par rupture et lui par veuvage, nous avions des tonnes de choses en commun. Nous avons très vite échangé nos adresses emails et chaque jour, nous nous écrivions des pages entières de choses personnelles, décrivant nos envies, nos espoirs, nos goûts, etc… à l'époque, MSN n'existant pas encore (eh oui, ça évolue si vite!), nous échangions par mails.

 

Il était à l’époque papa d’une petite puce de moins de deux ans, qu’il élevait seul, et je trouvais qu’il était bien courageux de se débrouiller ainsi sans l’aide de personne. A l’époque je ne cherchais pas d’homme avec un enfant, mais nous avions tant de points communs, que j’étais prête à faire la concession de l’enfant, bien évidement, puisque j'adore les mômes et que ça ne m'aurait pas arrêté eus-je été follement amoureuse :-)

 

Un jour que je rentrais de Grande Bretagne, j’ai trouvé devant ma porte un paquet contenant une plaquette de chocolat noir aux noisettes et une bouteille de lait, le tout accompagné d’un petit mot adorable qui disait à peu près la chose suivante : « puisque tu dis qu’une plaquette de chocolat noir aux noisettes et un verre de lait pour toi sont le Paradis, c’est avec plaisir que je t’en envoie un avant goût par colis interposé » J’avais trouvé cette attention si touchante, je n’en revenais pas. Si ça, c'est pas du romantisme, alors là, je me fais nonne!!!

Il avait fait des dizaines de kilomètres en moto rien que pour m’amener un paquet pendant mon absence, et franchement, je fus très touchée par cette attention, preuve qu’il avait non seulement écouté ce que je disais, mais qu’il savait faire plaisir avec des choses très simples. Et tous les petits bonheurs sont souvent de bien simples choses, qui mises bout à bout peuvent faire de grandes joies dans la vie.

 

De surprises en petites attentions, nous nous sommes finalement rencontrés, lorsque je l’ai invité à prendre un verre avec sa puce un samedi après midi. Nous avons passé quelques heures très sympas tous les trois, sommes allés au resto, à la plage, et ce fut une rencontre d’une grande complicité.

 

Malheureusement, je n’ai pas eu le déclic que j’attendais, mais il l’a très bien compris et nous avons choisi de rester amis, de continuer à partager plein de choses comme nous l’avions fait jusque là, et depuis quelques années, nous nous parlons régulièrement en nous racontant nos déboires amoureux des rencontres Internet et des histoires virtuelles.

 

JC est un  homme adorable, charmant, galant, courtois, attentionné, prévenant et plein de qualités. Il est charmeur aussi, et a tendance à se lancer vite dans une histoire avec une jeune femme, ce qui fait qu’il se prend souvent des gamelles assez rapidement vu que les histoires tournent court, mais bon, c’est un homme et on ne peut pas lui en vouloir de tenter. Comme il dit, au moins, il n’a aucun regret, il tente même sans vraiment connaître l’autre, dans l’espoir de peut-être construire une jolie histoire avec une femme.

 

Chacun sa philosophie là-dessus, moi je ne me verrais pas commencer une histoire si je ne la sentais pas à 100% dès le début mais lui il préfère tenter, comme il dit. Donc pendant ces cinq dernières années, autant dire qu’il a été plus souvent à me raconter ses échecs que moi je n’ai eu à lui en raconter. Ce qui est sûr, c’est que dès que j’ai besoin d’un conseil d’homme, il est l’un de ceux que j’appelle pour avoir un avis « de mec », et je pense que c’est réciproque.

 

En tous cas, JC semble avoir trouvé depuis cet été chaussure à son pied… ENFIN !!! Désolée, mesdemoiselles, il n'est plus un coeur à prendre... Et il vient de fêter ses 43 ans, je suis super contente pour lui, et je lui souhaite tout le bonheur du monde comme le dit la chanson.

 

Quoi qu’il arrive, nous serons des potes du net devenus des potes pour de vrai.


Alors je me dis que les belles histoires, sur le net,

ça n’est pas impossible,

c’est juste rare
,


et c’est d’autant plus précieux…


Par Whereistheone, alias Marjorie - Publié dans : Les rencontres / Meetings
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Jeudi 2 novembre 2006

J’ai fait une rencontre en août, bien involontaire. En tous cas, que je n’ai pas provoquée.


Ma voisine, la charmante Mady, du haut de son 1m50 et ses 63 ans est triste pour moi que je sois célibataire, moi qui suis « si jeune, si jolie, si adorable et avec tout ce qu’il faut pour rendre un homme heureux », comme elle dit. Donc voilà Mady la marieuse de ma rue, ma voisine directe, qui comme à son habitude veut tout faire pour me caser, qui m’appelle un jour au téléphone, tout excitée.


« Marjorie, c’est urgent, il faut que tu passes à la maison, j’ai une surprise pour toi. Surtout, sois mignonne, et adorable, enfin… comme d’habitude quoi! 

Tu vas voir, c’est une surprise »

 

Là, pas besoin de traduction, j’ai tout de suite pigé que c’était une de ces rencontres arrangées dont elle seule a le secret. Malgré ses 63 ans, elle parle comme une gamine a qui on a promis une sucrerie, tellement elle trépigne d’impatience de me présenter la perle rare qu’elle vient de me dénicher.

Moi je m’en amuse d’avance, car la dernière fois, elle s’est bien plantée en me présentant un type charmant mais homosexuel jusqu’au bout des ongles, au point qu’elle n’en est pas revenue tant elle n’avait rien remarqué dans sa grande naïveté.

 

Il faut dire que Mady, de son vrai prénom Marie-Madeleine (ça ne s’invente pas !) est une femme qui a toujours été gâtée toute sa vie (et elle le reconnaît !), d’abord par ses parents, ensuite par un mari d’une gentillesse, d’une générosité et d’une sagesse incroyables, genre philosophe zen, intellectuel plongé en permanence dans ses pensées, son bricolage minutieux qui l’occupe trois quart d’heure pour scier une planche au millimètre près tant il est pointilleux.


C’est un ancien ingénieur à la retraite Claude, et il est très consciencieux, très maniaque, très soigneux, très sage.

Alors que Mady, elle, c’est une femme dynamique, bavarde, extravagante, originale, nature, spontanée, à la voix criarde presque agaçante, une artiste peintre parfois délirante, un moulin à paroles qui connaît tout le monde dans le village, un vrai feu d’artifice de couleurs à elle toute seule. Ses deux maisons sont à son image, toutes les pièces sont peintes des murs au plafond, des fresques naïves et colorées partout, des paysages du bout du monde dans toutes les chambres. Elle n’a pas eu besoin de papier peint pour les murs, sa créativité est partout, ses toiles (acryliques et aquarelles) sont accrochées sur chaque centimètre carré de mur qu’elle peut trouver, et ses délires s’affichent jusque sur ses boites aux lettres et ses radiateurs.


Quand elle donne son adresse pour sa maison du Mans, elle précise que c’est la seule maison aux volets roses de la rue, et effectivement, c’est bien la seule que l’on remarque, je ne m’y suis pas trompée même lors de ma toute première visite. Mady est donc une artiste avec tout ce que cela comporte de plus délirant. Un personnage haut en couleurs, mariée à un homme qui pourrait paraître fade et gris en comparaison. Mais Claude est un intello introverti, qui parle peu et bas, d’un ton monocorde, pausé, et avec qui l’on a des conversations, pas du papotage. Mady quant à elle n’est pas intello du tout, elle est juste elle-même.

 

A part élever ses filles, peindre et voyager, elle n’a jamais fait grand-chose dans sa vie. Maintenant, elle passe son temps à acheter a tour de bras des choses inutiles dans les brocantes ou à la croix rouge, puis bazarde tout sur son trottoir la semaine suivante pour les miséreux qui ne manqueront pas de passer devant chez elle pour tout récupérer. Mon étonnement du début de voisinage avec elle lorsque je voyais tout un tas de fourbis sur le trottoir est vite passé une fois que j’ai eu appris à la connaître. Malheur à moi si elle voit que je fais du vide dans mes armoires et que je prépare des sacs de fringues pour la croix rouge, car elle s’empare des sacs plus gros qu’elle et les ramène dans son salon sous les yeux de Claude qui ne dit rien mais n’en pense pas moins…

 

Idem pour les vide greniers, j’ai eu le malheur de proposer à Mady de m’accompagner une fois, histoire de faire une ballade à pieds avec ma Roxane, à l’autre bout de la ville. La petite sortie a vite tourné aux grandes courses d’avant hibernation. Nous avons mis plus de 4h à faire le tour des stands, à parler à tout le monde, à remplir un sac, puis un autre, puis acheter un panier, le remplir aussi, etc… Et au final, nous sommes rentrées les bras chargés de choses plus moches les unes que les autres, absolument inutiles mais pas chères, et il a fallu demander à Claude de retourner chercher le reste avec sa voiture tant elle en avait fait mettre de coté. En quatre heures, j’ai eu le temps d’attraper des coups de soleil monstrueux sur les épaules, n’ayant pas prévu de passer ma journée dans un vide grenier sous un soleil de plomb. Mais cette chaleur n’a pas eu raison de la toujours aussi volubile Mady, qui a continué à saouler Claude de paroles, pendant le trajet en voiture jusqu’au vide grenier.

 

Bref, ma voisine Mady est une originale, qui a le cœur sur la main, qui est d’une naïveté déconcertante par moments et se comporte parfois comme une môme de 15 ans, qui est généreuse de nature, ouverte, extravertie et souvent fatigante, mais adorable.

 

Ils forment un couple très bizarre, lui étant la sagesse incarnée, alors qu’elle est tout le contraire.

Comme Claude le dit si bien, Mady parle assez pour deux, alors il peut se taire :-)

Le feu et l’eau, c’est comme cela qu’on peut le mieux les décrire.

Mais 47 ans de mariage, tout de même !  Et Mady n’en voudrait pas d’autre, de mari, car jamais elle n’a été plus heureuse qu’avec son Claude. « Malgré tous ses défauts et bien qu’il soit extrêmement mou et chiant, je l’adoooooooore » comme elle dit… « mais qu’est-ce qu’il est chiant ! » qu’elle rajoute toujours tout bas…

 

Alors, tout ce bonheur là, elle voudrait tellement que je le connaisse moi aussi… Parce que, dit-elle, « moi je suis heureuse depuis 47 ans, et je voudrais que tout le monde soit heureux comme ça, et toi, tu es comme moi à ton age, tu as tout pour plaire, tu mérites un homme adorable aussi » D’ailleurs, si elle le pouvait, Mady, elle marierait tous les célibataires de la région. Ca la rendrait heureuse je pense.

 

Donc comme ce jour là, mes fenêtres étaient fermées, ce n’est pas par-dessus la haie que j’ai entendu des « Marjorie ! Marjorie, tu es là ??? », mais bel et bien par un coup de fil qu’elle m’a prévenu de ma surprise… Me voici donc qui m’apprête à aller dans la maison d’à coté, pour une « surprise » dont je connais d’avance la teneur. J’arrive donc chez elle, et je la trouve attablée avec un certain Michael, charmant jeune homme qu’elle me présente. Elle l’a rencontré au port ce matin, en allant acheter son poisson, et elle a sympathisé avec lui. Ensuite elle l’a invité à partager son poisson chez elle, car elle était seule le midi et préférait un peu de compagnie. Claude n’est pas ici cette semaine, il s’est absenté quelques jours pour un souci à régler au Mans, et Mady s’emmerde, alors, elle papote avec tout les gens qu’elle croise, au marché, au port ou ailleurs.

 

Michael s’est donc trouvé sur la route de Mady, car il allait lui aussi acheter son poisson au port, en vélo, comme toujours lorsqu’il est en congé. Michael a 35 ans, il est beau mec, sportif, un sourire charmant, une certaine classe, de l’éducation, bref, il a tout du gendre idéal, c’est vrai. Mady l’adore, c’est évident. Je m’installe avec eux pour prendre le thé, et on discute de plein de choses sympas. Il a de l’humour, il est avenant, souriant, aucun soucis. Une petite demie heure passe, et le devoir me rappelle à mes obligations professionnelles.

 

Je les laisse donc et prends congé, me doutant que je ne vais pas manquer de revoir Mady avant la fin de la journée. En effet, deux heures plus tard, elle vient frapper à ma porte pour me demander de son air malicieux ce que j’ai pensé de Michael.

Que dire ? Un mec sympathique, et mieux que tous ceux qu’elle a pu me présenter jusqu’à présent. En tous cas, Mady, qui lui a fait un interrogatoire en règle, me vante ses nombreuses qualités, son physique très agréable, son éducation irréprochable, son sérieux, sa carrière prometteuse, etc etc… Elle ne me l’aurait pas mieux vendu s’il avait été son propre fils.

Et comme Mady est une entremetteuse, elle s’est permise de lui donner mon numéro de téléphone et me donne le sien, bien évidement.

 

Au bout de deux semaines, je n’ai rien fait pour le contacter, et lui non plus. Moi j’ai beaucoup à faire de mon coté, et pas de temps pour aller boire un verre, et lui est soi-disant timide. Il faudra donc un petit coup de pouce de cette chère Mady -qui se mêle souvent de ce qui ne la regarde pas- pour qu’un soir je reçoive un texto. Nous nous accordons donc pour se voir un jeudi soir, et on se retrouve devant chez moi. Il arrive dans une jolie Passat break gris perle, quasi neuve, et on peut dire que le mec est classe. Exit la tenue du cycliste sportif, le short moulant couleur flashy et le tee shirt Adidas. Le voir habillé lui donne le charisme qui lui manquait encore. Charme discret, galant, bref, rien  à dire. De mon coté, je suis comme d’habitude, en jeans, talons et pull sympa, bref, rien de clinquant, de tape à l’œil, juste ce qu’il faut de maquillage discret, naturelle comme toujours, je suis MOI. Nous passerons la soirée ensemble, dans un bar puis au resto du coin, à bavarder de tout un tas de choses. Il est dans la région depuis environ 4 ans comme moi, travaille chez Airbus à St Nazaire, vient de faire construire sa maison et est encore en plein travaux. Il vit avec son petit chat qu’il a trouvé un beau matin dans son jardin. Bref, le genre de mec qui réussit son petit bonhomme de chemin dans la vie et à qui cela va bien. Lui aussi a tout pour lui, mais bizarrement, je sais que je n’ai rien à faire avec un homme comme lui.

 

Difficile, moi ? Probable. Disons que j’ai davantage l’impression d’être avec un petit frère qu’avec un homme, malgré ses 35 ans, et je trouve qu’il manque de maturité. Pourtant, c’est le genre d’homme qui m’aurait fait craquer si j’avais eu 25 ans, c’est clair. Mais là, rien à faire, il y a un décalage.

Il n’a pas de faille, il en est presque lisse. Le genre de jeune homme trop bien élevé, pas un pet de travers, tout bien comme il faut. Il n’a visiblement pas de défaut, le genre de prince jeune, beau, riche, intelligent, intéressant, bref, le gendre idéal… J’exagère à peine.

Mais on sent qu’il vient d’un milieu correct, qu’il a eu une vie bien tranquille, bien rangée, dans une famille unie, bref, un petit mec sans histoire dans une famille tout ce qu’il y a de plus politiquement correct. Pas un grain de sable n’est venu enrailler ce beau mécanisme, et après ses études, il a commencé une jolie carrière dans un gros groupe, son avenir est tout tracé, matériellement assuré, bref, il ne lui manque plus qu’une jolie petite fiancée pour parfaire le tableau.

 

Pour ma part, je pense que je l’intimide sûrement, avec mon caractère affirmé, mon vécu visiblement plus chaotique que le sien, bref, il est adorable, mais il n’est pas pour moi. Et puis il fait si jeune que je ne le verrais même pas en père de famille, il a l’âge des sorties en boites, des soirées arrosées, des virées entre potes, même si je l’imagine mal un peu éméché… en tous cas, je ne me vois pas avec un homme ayant si peu de caractère a priori, même si je ne vois rien que l’on puisse lui reprocher. Il fera le bonheur d’une jeune demoiselle adorable, j’en suis certaine.

 

Voilà donc ma rencontre du mois d’Août dernier, nous sommes restés en bons termes et nous avons ré-échangé quelques mots un jour que nous nous sommes croisés en centre ville, mais on en restera là. Il est très bien, mais manque de maturité pour moi, et cela n’a pas étonné Mady quand je lui ai fait mon petit compte rendu de rendez-vous. Parce que bien évidement, il a bien fallu que je lui fasse part de la suite des aventures. Bien sûr, elle était un peu déçue que sa surprise ne soit pas encore la bonne, une fois de plus, mais cela ne m’étonnerait pas qu’elle me présente un autre candidat prochainement. Elle a plus d’un tour dans ses manches, et n’est pas le genre à baisser les bras si facilement lorsqu’elle a quelque chose en tête.

 

Quand je dis que le célibat, ça gène davantage les gens en couple que les gens seuls, je n’ai pas tout à fait tort…

 

Sacrée Mady tout de même… Il n’en existe pas deux comme elle, c’est clair !
Par Whereistheone, alias Marjorie - Publié dans : Les rencontres / Meetings
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Dimanche 17 septembre 2006

Je l’ai repéré ce matin alors que je prenais mon petit déjeuner au pub de l’hotel. Je ne déjeune jamais quand je suis à l’hôtel habituellement, par manque de temps, mais ce matin, après tout c’est dimanche et je me suis dit pourquoi pas ? je n’ai rien qui me presse.

Il était assis à une table à coté, tout seul aussi.


Un type a priori banal, grand brun, en jeans et tee-shirt blanc, rien d’original. 35 ans environ, pas mal de profil visiblement, mais bon, le temps que je réagisse (ben oui quoi!), il avait terminé et se levait pour regagner l’hotel, probablement pour remonter à sa chambre. Je l’ai regardé s’éloigner de dos, et je trouvais qu’il avait une certaine classe nonchalante dans sa démarche, un petit quelque chose de stylé mais décontracté.


Je me suis dit bêtement que ce genre de type pourrait probablement me faire réagir, me faire au moins tourner la tête, voire éventuellement m’intéresser. Probablement un travailleur perdu au milieu de nulle part, près de Leeds dans cet hôtel de businessmen où j’ai moi-même atterri depuis hier soir et duquel je ne partirai que demain matin. Qu’est-ce que cet homme pouvait bien faire ici un dimanche ? Comme moi je suppose, attendre le lundi pour voir des clients. Un commercial, peut être, en tenue « relax » du dimanche, comme moi, qui suis en jean et tee-shirt aussi… Il faut dire qu’il fait très chaud ici pour la saison, 24 degrés, c’est plutôt étonnant quand je sais qu’il fait gris et froid en France aujourd’hui.


J’ai souris à l’idée de penser que j’avais réagis à la vue d’un homme, alors que d’habitude, les hommes que je croise, je ne les vois même pas. Quand je bosse, je bosse, et je n’ai pas le temps de penser à des frivolités. Mais là, c’est dimanche, il fait beau et il fait chaud, et je prends mon temps, je regarde autour de moi. Quel bonheur !


Rassasiée par ce petit déjeuner « british » qui m’évitera le repas de midi vu les quantités ingurgitées, je me lève pour regagner ma chambre. Il est dans l’entrée de l’hôtel, devant le distributeur de boissons, les mains dans les poches, je ne le vois que brièvement et de profil. Ce profil là n’est pas mal non plus. Pas un physique d’athlète olympique, mais pas mal… Il a ce petit quelque chose en plus, que je trouve stylé, racé, bref, je trouve ça étonnant pour un british, un dimanche, dans un hôtel quasi vide. Je passe près de lui et je passe la porte pour regagner ma chambre.


Lorsque j’en redescends quelques minutes plus tard, il est toujours à la réception, mais il me tourne le dos, il est devant le présentoir de prospectus, il attend certainement quelqu’un, un collègue probablement ? La vue de dos n’est pas mal non plus, joli petit cul dans son jean, belle carrure, prestance, bref, il dégage... Pas mal pour ce que j’en vois en quelques secondes à peine, histoire de traverser l’entrée et de sortir sur le parking. Dommage, je pense, qu’il ne se soit pas retourné, je lui aurais dit bonjour en lui souriant, juste par pure politesse (oui, oui, évidement).


Je suis rentrée ce soir après quelques heures de vadrouille aux alentours, histoire de ne pas perdre ma journée, et de repérer de futurs marchés (on est pro ou on ne l’est pas, et ça passe le temps). Chose étonnante, que je ne fais jamais, après une bonne douche, je suis allée au pub avec mon ordinateur portable, prendre un verre car j’avais soif (il a fait chaud aujourd’hui et ma voiture de loc non seulement est une fiat, l'horreur, mais n’a pas la clim, encore pire !). Un demi litre de jus d’orange plus tard, ça fait trois bons quart d’heure que je suis au pub et j’ai fini mon verre, alors je ressors, en me disant que c’est dommage que je ne l’ai pas vu, même si de toutes façons, je me serais mal vue aller l’inviter à prendre un pot. Juste le plaisir des yeux, ça aurait été sympa…


J’ouvre la porte du pub pour sortir et rejoindre l’hôtel, et je le vois, devant moi, de face ! Il est au téléphone, quel dommage… Je l’ai vu à peine quelques fractions de secondes de face, il a des yeux magnifiques, très noirs, un regard très expressif, et une très jolie voix. Il parlait allemand à son interlocuteur, mais son intonation est très jolie. Et les allemands qui parlent anglais ont un petit accent très particulier qui me ferait fondre sans problème… Je comprends donc que le camion allemand qui est sur le parking de l’hôtel est le sien, le nom de sa compagnie y est inscrit en grand, ainsi que l’adresse du site web de la société.


Finalement, il n’est pas british, ce qui m’étonne peu. Il n’a rien d’allemand non plus, cela dit, si ce n’est la carrure, mais c’est un grand brun, avec du charme, un regard magnifique et une jolie voix.

Nous nous serons juste croisé, nous aurons juste échangé un regard, mais qu’aurais-je pu espérer d’autre un dimanche à Leeds, alors que nous sommes tous les deux de passage dans cet hôtel quasi désert, que nous sommes ici pour le boulot et que, chacun de notre coté, nous rentrerons dans notre pays respectif d’ici peu ?

Le plaisir d’avoir croisé un homme charmant, c’est déjà bien…

Par Whereistheone, alias Marjorie - Publié dans : Les rencontres / Meetings
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Mercredi 25 janvier 2006

S’il y en a un qui m’a marquée également dans le courant de l’année dernière, c’est mister Aldo la classe. Son vrai nom restera bien entendu confidentiel, comme pour tous les héros de mes posts (cf : héros d'un post ordinaire). Mais il valait tout de même son pesant de cacahuètes celui-ci et mérite bien sa petite minute de célébrité pour la peine…

 

C’était un jeune homme de 37 ans, envoyé par l’agence de ‘relations humaines’ dont j’ai déjà parlé dans un post précédent (cf : le pourquoi du comment). En théorie, on pense qu’ils sont triés sur le volet et correspondent un minimum à nos attentes. Détrompez vous, cela est de la pure fiction, car ils font avec ce qu’ils ont en magasin dans les agences. Et les stocks ne sont pas de première fraîcheur…

 

PREMIER CONTACT

Premier contact téléphonique très banal somme toute, si ce n’est que d’office, il dit avoir trois enfants, ce qui me refroidit un peu, dans la mesure où j’ai demandé un homme avec au maximum un enfant en bas age. Enfin, pas grave, si jamais Cupidon est là, et qu’il m’envoie une flèche, je me dis que trois enfants ne m’arrêteront pas le moins du monde, même s’ils me feront davantage réfléchir.

 

On parle peu, mais il m’apprend qu’il en a marre d’être seul et laisse même échapper que le manque de sexe lui pèse un peu. Bon, je ne suis pas choquée, c’est tout a fait normal, et la conversation s’est trouvée naturellement orientée comme telle, vu qu’il a l’air d’être un mec plutôt cool, ouvert, relax et pas aussi coincé que les quelques personnages auxquels j’ai eu à faire précédemment. Au moins, il a de la conversation, parle facilement et c’est plutôt prometteur. Il souhaite m’inviter au resto, mais je refuse poliment, prétextant qu’un verre sera largement suffisant pour faire sa connaissance et qu’on verra ensuite. Ca, c’est mon expérience qui parle, et ce jour-là, heureusement, j’ai fait le bon choix !!!

 

Rendez-vous est pris devant l’église de la Chapelle sur Erdre, près de Nantes, à tout de même 65 kilomètres de chez moi, mais comme je dois passer voir une amie sur Nantes cet après midi-là, c’est presque ma route.

 

RENDEZ VOUS AVEC ALDO LA CLASSE

Le lendemain, donc, je suis assise sur un banc près de l’église alors que Roxane, ma chienne, vaque a ses occupations. J’aperçois un homme pas très grand, en veste trois quart cuir noir, jeans, santiags et lunettes noires qui s’approche de moi. On se reconnaît, on se fait la bise et on se dirige vers la terrasse d’un café situé à quelques mètres.

 

On commande une boisson, puis il coupe son portable, arguant qu’il préfère que nous soyons tranquilles pour discuter. « tu comprends, j’attends un coup de fil de l’Elysée, mais je préfère qu’ils laissent un message, je les rappellerai ». Moi, incrédule, je m’exclame « ah bon ? L’Elysée, carrément ? » et il explique fièrement qu’il a des activités annexes et travaille avec des gens de la haute, et bien placés, mais que vu que c’est un dossier top secret, il n’en dira pas plus. Moi je me dis que je suis tombée sur James Bond, super, vivement qu’il me sorte ses gadgets que je me marre un peu. Déjà que son téléphone Nokia est d’une banalité mortelle, j’espère que les gadgets, eux, seront à la hauteur…

 

J’avais déjà rencontré un espion du gouvernement l’année passée, il me manquait plus que James Bond… Laissons le donc rêver, moi je sens déjà que je vais m’amuser.


MAUVAISE IMPRESSION

Le serveur arrive avec les boissons, et Aldo lui demande « tu peux m’amener un cendrier, là, je veux fumer ! » Pas de s’il vous plait, pas de vouvoiement, bref, une arrogance qui me déplait. Il tutoie le garçon de café, ce qui a le don de me faire bouillir, mais je n’en laisse rien paraître, peut-être ai-je reçu une éducation trop stricte, soyons donc tolérante… Il me dit après avoir rangé portefeuille et téléphone, sorti ses cigarettes et posé ses lunettes sur la table « tu verras, quand on se connaîtra mieux, je t’en dirai plus et tu seras étonnée. Ca te semblera normal à force ». Bien sûr, le « à force », je ne suis pas persuadée…Déjà, au bout de 5 minutes, je n’aime pas trop le personnage… Enfin… Trinquons !

 

Il commence à me demander comment une femme comme moi, peut se retrouver dans une agence, car je suis bien au dessus de tous les boudins qu’il a pu voir jusqu’à présent. Là, j’avoue hésiter entre me sentir flattée ou le trouver immonde vis-à-vis des autres jeunes femmes de l’agence. Je ne dis rien, si ce n’est que je cherche, comme lui, quelqu’un qui me corresponde. Je n’aime pas la façon dont ses yeux passent sur moi, et sa manière de me détailler des pieds à la tête avec son regard de sadique. Il allume une cigarette, sans avoir la politesse de me demander si la fumée me gêne… Limite niveau respect, mais bon…

 

C’est alors qu’il me raconte que sa première rencontre dans l’agence était concluante sur le plan physique (en termes plus crus évidement), mais qu’il n’a pas souhaité continuer car elle n’était pas à son goût. Puis, pour les autres rencontres, il avoue s’être refusé aux autres adhérentes, qu’il ne trouvait pas assez bien pour lui, bien qu’elles l’aient soi-disant pourtant trouvé très à leur goût elles. Moi je le trouve de plus en plus imbu de sa personne. Il dit s’être plaint auprès de l’agence pour les sélections de « boudins » qu’on lui a présentés (sic Mister Aldo la classe) et me dit qu’il est ravi d’avoir « tapé du poing sur la table puisqu’on lui présente enfin quelqu’un de correct (en l’occurrence moi !)» Dois-je en être flattée ? Je doute, là encore. Il commence à m’écœurer.

 

Physiquement, il n’a vraiment rien d’exceptionnel pour se permettre une telle exigeance. Il est relativement banal, petit, même pas mignon, brun aux yeux marrons, une grande cicatrice de bec de lièvre sous le nez, des taches roses sur le visage, et quand il parle non seulement il bégaie un peu mais il a les paupières qui clignotent, un peu à la François Mitterrand d’ailleurs… oui oui, vous ne rêvez, pas, il bégaie à moitié par moments, et ses paupières se ferment au même rythme que ses bégaiements ; c’est très rythmé. Et comme tout macho qui se respecte, il a la chemise blanche entrouverte sur un torse un peu velu et la grosse chaîne dorée avec un pendentif dont je ne me souviens plus la forme exacte. Le genre « je me la raconte, je suis le plus beau et le plus séduisant », je n’ai jamais apprécié. Moi je ne dis rien, j’observe en tournant ma paille dans ma grenadine… Je n’en pense pas moins…

 

Un silence, j’entends ma Roxane qui est couchée à mes pieds et qui soupire, à croire que ce type commence aussi à l’agacer. De toutes façons, il l’a traitée de gentil labrador alors que j’avais bien dit que c’était une golden. Elle n’a pas apprécié du tout…


GOUGEAT
 

Tout à coup, Aldo la classe prend un air offusqué et s’exclame : « mais qu’est-ce qu’elle a à me mater celle-là ? ». Je me retourne et je vois deux jeunes femmes attablées qui prennent un verre et qui ont certainement mieux à faire que de le regarder lui. Je ne relève pas, je bois ma grenadine… Il parle, il parle, il parle. De lui, de lui, et encore de lui. Moi je m’ennuie. J’aime avoir des sujets de conversations lorsque je rencontre quelqu’un, pas assister au monologue d’une personne à l’égo surdimensionné.

Il me fait remarquer « les deux pédales là-bas » qui sont deux hommes qui discutent devant une bière. Ils n’ont pas l’air plus homosexuels que quiconque, et puis après tout, quelle importance d’ailleurs ? Il dit qu’il n’aime pas les « pédales », et commence à parler de déviances sexuelles, à dire qu’être « pédé » c’est anormal, etc. Lui, il aime les femmes ; qui le lui rendent bien à l’entendre, il se vante d’être un bon amant, etc…

 

Et moi je pense qu’il a dit assez qu’il était en manque alors si c’était seulement vrai, il ne manquerait sûrement de rien. Je ne relève pas, ses paroles glissent sur moi comme mon verre se vide petit à petit…

 

Il parle de ses goûts en matière sexuelle, et enchaîne sur ses soirées échangistes du samedi soir, me demandant si cela me « brancherait », si je trouverais cela acceptable et autres questions du même ordre auxquelles je ne réponds pas. J’en apprends sur ses prouesses sexuelles et ses performances extraordinaires dont je vous ferai grâce des détails les plus croustillants. Sûr de lui et persuadé d’être beau, il a, d’après lui, des « nanas à la pelle » qui, à l’entendre, n’attendent que lui…

 

Ben alors, mon pépère, pourquoi es-tu donc inscrit dans cette agence, hein ?

 

Moi je commence à le trouver limite répugnant, puant d’arrogance, et gerbant de vulgarité.

 

Sa bière terminée, (ouf ! je pense…) il se lève et dit qu’il va payer avant de m’inviter au resto. Je refuse poliment, disant que j’ai autre chose de prévu, comme je le lui avais dit lors de notre conversation téléphonique. Il dit que c’est dommage, puis, se tenant debout devant moi, fier comme un coq, il me dit « je reviens, mais réfléchis et quand je reviens, dis moi sincèrement ce que tu penses de moi ! » Les paupières clignotent à vitesse grand V, et il disparaît dans le bar. Gloups, blurps, je suis mi amusée, mi écœurée du personnage et franchement ce que j’en pense à la minute présente, c’est que j’ai hâte de rentrer chez moi.

 

Lorsqu’il revient, il se rassoit. « alors ? »

« Franchement, je ne pense rien, et tu n’es pas mon style. De toutes façons, je t’ai déjà dit que les hommes avec trois enfants n’étaient pas ce que je recherche, alors ne te fais pas d’illusions. » Oups, pirouette, j’ai trouvé la sortie en restant correcte, mon excuse est très valable car je l’avais dit déjà avant la rencontre… Donc pas de mensonge. Mais il est vrai que je me suis mordu très fort l’intérieur des joues avant et après avoir sorti ma phrase, pour m’empêcher de rire aux éclats et rester de marbre… Si si, je vous assure, ça marche, tout comme se mordre le bout de la langue très très fort… Mais ça fait mal !

 

Il encaisse, assez mal je dois dire, je vois qu’il s’attendait à une toute autre réponse.

 

Il bafouille un peu, dit que c’est dommage qu’une fille si jolie ne sache pas se faire plaisir par moments (ben voyons, tu crois que ça me ferait plaisir mon grand, de m’envoyer en l’air avec toi ???). Il rajoute en bégayant et en clignant des paupières, que si jamais je change d’avis, que même si je devais lui dire que j’aimerais bien aller plus loin ce soir, même pour un soir, il ne dirait pas non. Ce à quoi je lui réponds en le regardant droit dans les yeux « rassure-toi, il n’y a aucun risque que je te le dise » Là, sur ce coup-ci, j’avoue que j’ai été légèrement plus sèche dans mes propos… C’est que ma patience a ses limites tout de même, et le manque de respect fini toujours par me faire sortir de mes gonds.

A ce qu’il parait, j’ai eu tort de lui refuser un peu de « fun » et je perds beaucoup, c’est drôle, non ? En tous cas, pour un soi-disant charmeur, il fait preuve d’un manque de finesse plus que certain au jeu de la séduction…


BYE BYE...

Sur ces mots, je me suis levée, lui ai dit au revoir en lui précisant que ce n’était pas la peine de me rappeler, car rien ne serait jamais possible entre nous. J’ai pris ma chienne, qui était ravie de se relever enfin pour se dégourdir les pattes, et nous sommes parties fièrement toutes les deux, soulagées autant l’une que l’autre. Elle s’est éloignée du bar la queue en panache, tandis que lui avait sûrement la sienne entre les jambes…

 

Comment ai-je pu m’empêcher d’éclater de rire, je me pose encore la question, car j’avais vraiment l’impression d’être au cirque… Toujours est-il que j’ai signalé son comportement à l’agence dès le lendemain et qu’il m’a été demandé un courrier en bonne et due forme, courrier que j’ai fait avec ma plus jolie plume, comme vous pouvez certainement l’imaginer…

 

Aldo la classe a probablement reçu un avertissement de cette agence, ou peut être a-t-il été radié directement, qui sait ? De toutes façons, il est si beau qu’il trouvera certainement chaussure à son pied, vu le nombre de nanas qui n’attendent que lui, alors inutile de s’en faire pour lui.

Par Whereistheone, alias Marjorie - Publié dans : Les rencontres / Meetings
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Dimanche 22 janvier 2006

Ca y est, je l’ai revu, enfin. Je suis toujours aussi retournée…
Rien n’a changé, malgré les 19 mois écoulés depuis notre première rencontre. Moi qui pensais que je m’étais fait un film, et que j’avais enjolivé… on idéalise toujours tant les rencontres éphémères…

Il a toujours cette classe indescriptible, cette forme de délicatesse, d'élégance peut être, que je ne supporte pas habituellement chez un homme, mais qui lui va si bien. De jolies mains fines mais masculines, qu’il passe dans ses cheveux, toujours, comme j’aime ! Ses cheveux noirs sont un peu plus courts, mais ils ont toujours cette souplesse, cette brillance et cette ondulation que je trouve féline.

Je me suis surprise à détailler son visage ce soir, comme si je voulais en imprimer dans ma mémoire chaque millimètre, et franchement, moi je le trouve beau.

Pas la beauté masculine qui m’attire habituellement chez un homme. Quelque chose de différent, de singulier. Il est toujours aussi mince, plutôt fin, ses poignets sont délicats, les attaches sont fines, et il a de très jolies mains je trouve.

Quant à  son visage, dont je pensais ne pas me souvenir si bien que cela, eh bien il est comme je l’avais revu dans ma mémoire. Un visage carré, mais très équilibré, un nez droit et masculin, les arcades sourcilières très droites, mais des sourcils noirs et peu épais sur lesquels j’ai imaginé passer mes doigts, doucement, comme j’aimerais caresser son visage, du bout des doigts. Ce soir, il n’était pas rasé, et j’ai trouvé que cela ajoutait à son charme. Il a des yeux presque noirs, profonds, pas très grands mais très expressifs, perçants je dirais même. Une jolie bouche, un peu charnue, superbement dessinée, avec un sourire à tomber, comme toujours. Je trouve qu’il a une bouche sensuelle, qui donne envie de l’embrasser, pour sentir la caresse de ses lèvres, la douceur de sa langue, la chaleur de son baiser…

Et pourtant, tout en le regardant, je me demandais ce que je lui trouvais à lui, de si particulier. Moi qui habituellement aime les hommes plutôt baraqués, qui dégagent une certaine force. Lui dégage autre chose, de différent probablement, mais de masculin, de séduisant, de sensuel, d’attirant. Il a ce coté très hindou que j’aime dans la finesse des traits, tout en étant très mâle, très charmant. Certainement ses origines italiennes et afghanes qui se sont parfaitement mélangées. J’ai toujours dit que les mélanges de races faisaient de beaux bébés… Il est un des meilleurs spécimens que j’ai vus jusqu’à présent.

Et il a cet accent, marqué, et que je trouve si étrange, toujours… un accent d’indien, mais je me demande quelle en est l’origine, il faudra que je le lui demande. Autant les hindous qui parlent anglais m’exaspèrent, autant lui, quand il parle, je trouve que c’est d’une sensualité indescriptible. J’aime ses intonations, sa voix, et tout en l’écoutant parler, je m’imaginais que s’il me disait des mots doux à l’oreille, je serais transportée dans une autre galaxie en moins de trois secondes…

Quand nous marchions dans la rue, pour aller au café, il m’a retenue au passage d’une voiture, et j’ai senti sa main enserrant mon bras, fermement mais délicatement, l’espace encore d’un instant…

Il a cette douceur dans ses gestes que j’aime, tout en ayant également une certaine fermeté très masculine. C’est là toute son ambiguïté, et c’est ce qui fait son charme je pense, du moins à mes yeux. C’est bien le souvenir que j’avais de lui, ce charme à la fois masculin et la douceur presque féminine, cette retenue et en même temps cette assurance, et cette sensation que se retrouver dans ses bras doit être d’une douceur exquise.

Il est le genre d’homme qui ne fait rien à moitié. Il est entier, comme je le suis, et il prend certainement son temps, pour savoir où il va. Moi, ça me va, je préfère quelqu’un qui sait ce qu’il veut plutôt que quelqu’un qui prend ce qu’il peut.

Pour en revenir a nos pas dans la rue, je me suis surprise à marcher au même rythme que lui, à n’avoir ni à courir, ni à ralentir. Comme lors de notre première rencontre. Nous avons le même pas, et je ne pense pas avoir déjà croisé qui que ce soit qui marche au même pas que moi. D’habitude, soit je cours derrière, soit je ralentis …

Et tout ce temps qu’il a passé sur le canapé près de moi, j’avais une envie terrible de m’approcher de lui, mais je n’ai pas osé, j’ai gardé mes distances, comme il a gardé les siennes, nous nous apprivoisons du regard, tout doucement, en prenant notre temps.

Nous n’avons pas abordé une seule fois un sujet personnel, je me sentais trop gênée pour lui poser des questions personnelles, connaissant sa difficulté à parler de lui, et lui n’a pas osé probablement, ne parlant que de boulot, de business, bref, de choses dont je peux également parler puisque je le fais souvent avec d’autres. Cela dit, je me demande pourquoi nous n’avons pas pu pénétrer dans nos sphères personnelles respectives alors que nous le faisons sans trop de soucis via internet. Peut être qu’après tout ce temps, il est difficile de faire tomber les barrières si facilement, de nouveau. J’aurais eu besoin de plus de temps, et lui aussi je pense.

Lui qui parle peu en messagerie instantanée mais me pose toujours des tonnes de questions très personnelles, il n’a pas arrêté de parler ce soir. Et c’est moi qui ai été plus silencieuse, qui l’ait écouté. Les rôles ont été comme inversés.

Quand il parlait, je pense l’avoir dévoré des yeux, même si j’ai essayé d’être raisonnable, je me suis surprise moi-même lorsque je le voyais détourner le regard.

Et quand moi je parlais, sans forcément le regarder, par deux ou trois fois, lorsque mes yeux se sont retrouvés dans les siens qui me fixaient avec insistance, j’ai eu cette sensation de recevoir un poignard dans le ventre. Il a des yeux révolvers, ou je ne m’y connais pas… Je ne peux pas soutenir son regard quand il me fixe sans rien dire. Il me ferait presque peur. Je perds mes moyens comme une gamine de 12 ans, je ne comprends pas ce qui m’arrive…

Je n’ose même pas imaginer si je devais être près de lui, et qu’il me regarde comme il l’a fait ce soir ; en me parlant tout doucement ; avec son accent irrésistible ; ses intonations inimitables, sa douceur, dans les gestes comme la voix : la tendresse qui se devine en lui malgré sa froideur apparente ; la sensualité qu’il dégage bien malgré lui. Je crois que je risquerais de m’évanouir…

Ces deux heures près de lui, elles sont passées si vite.

C’est lui qui a abordé notre prochaine rencontre, à ma grande surprise…Puis il a disparu, furtivement, me laissant sur mon nuage en remontant dans ma voiture. Il est aussi mauvais que moi pour les au revoir, je pense que nous n’aimons cela ni l’un ni l’autre.

Par Whereistheone, alias Marjorie - Publié dans : Les rencontres / Meetings
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Mardi 10 janvier 2006

Quel fut mon pire rendez-vous ? Excellente question. Je m’en souviens encore et ça remonte à quelques années déjà. Avant même que je ne rencontre celui qui serait mon deuxième partenaire de vie commune, donc probablement 8 ans. Eh oui, le temps passe vite…

 
Premiers pas sur le net

Mon expérience des sites de rencontres en était à son balbutiement, et le site utilisé était loin d’être aussi complet que ceux existants à l’heure actuelle… Alors, une description physique sans photo suffisait à attirer mon attention.

 

C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Philippe! D’ailleurs, je devrais plutôt l’appeler Philiiiiiiiiiiiiiiiiiiiipe. De toutes façons, il ne risque pas de se reconnaître celui-ci, l’eau a tellement coulé sous les ponts.

 

Gaillardement, je lui laisse un petit message succinct et mon numéro de téléphone. Pas effarouchée la fille !!! Mais à 25 ans, on n’a peur de rien ! Et pourtant, quelle expérience !!!


Présentation 


Le soir même, coup de téléphone, et il se présente.

« - euh… B…b… bonsouaaaaaaaaaaaar, c’est Philiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiipe, euh… du site XXX 

-         ah oui, bonsoir, tu vas bien ? merci d’appeler si vite, c’est sympa. »

 

Le jeune homme de près de la trentaine semble timide, mais bon, il se déride au fil de la conversation, je ne suis pas plus à l’aise à vrai dire, même si je ne bafouille pas autant que lui. Je décide de passer outre et de l’écouter.

 

Très vite, il fait un monologue.

Il n’a jamais vécu en couple

Il n’a jamais eu cette chance

Il n’a donc pas d’enfant (logique)

C’est bien dommage à son âge

Il a un chouette boulot bien que ce soit loin de chez lui

Il fait beaucoup de route car il est commercial

Il n’a pas la chance de travailler près de chez lui

Il vient de s’inscrire sur le site

Il cherche la femme de sa vie

Il n’a jamais de chance avec les femmes

 

Moi, je suis assise sur mon canapé et je gribouille sur mon carnet, comme d’habitude, en interrompant le monologue par des « ah bon », « en effet », « pas mal », etc… c’est dire tout l’intérêt que je ressens !

 

Il parle, il parle, il parle, un vrai moulin à paroles…

Et je me surprends à dessiner un canard sur mon carnet. Parce que sa façon de parler me fait penser à Donald. Oui, il parle en canard, en laissant traîner les syllabes aiguës un peu longuement, ce qui renforce cet agacement que je commence à ressentir…

 

Finalement, dans son discours, il n’a de chance dans rien, du moins c’est ce qui en ressort.

 

Moi je suis ravie, j’ai la chance d’être tombée sur lui :-)

 

Ouf ! Un break dans son discours, je profite de ça pour lui dire que la chance sourit à tout le monde un jour où l’autre, et il embraye alors sur une probable rencontre. Comme je viens de m’inscrire sur le site dans ce but et que tel le chevalier Bayard, je n’ai peur de rien, je lui dit OK pourquoi pas ?

 

Rendez-vous est pris

On se met d’accord pour le lendemain soir devant le théâtre des arts de Rouen, grande esplanade sur laquelle il est difficile de ne pas se trouver. Et il continue son discours d’un intérêt tout aussi relatif que précédemment. J’apprends des choses intéressantes cela dit :

-         il aime bien s’habiller et porte des chemises Manoret ou quelque chose dans ce goût là (je ne connais pas personnellement),

-         il ne met que des chaussettes en pure laine vierge sinon il a des problèmes de pieds,

-         ses chaussures ne sont que 100% vachette avec semelle intérieure cuir, bref, j’arrête là pour la garde robe car vous allez finir par vous endormir…

 

Je lui demande s’il rentre tard le soir, histoire de faire celle qui s’intéresse un tant soi peu à lui (qui ne m’a encore pas demandé quoi que ce soit entre parenthèses !) et il me dit qu’il mange souvent sur la route, en rentrant du boulot. J’apprends une chose capitale, c’est que la viande est plus tendre chez Chantegrill que chez Courte paille, au moins, je sais où aller manger sur l’autoroute quand je rentre maintenant…

 

Faisons court, au bout de ¾ d’heure, tout de même, je baille aux corneilles et je lui dit que je suis fatiguée, que je vais me coucher. On se voit le lendemain, donc on raccroche. Trop fatiguée, ou peut être complètement endormie par un monologue de canard, je n’ai aucun avis si ce n’est que j’ai déjà l’impression que je vais me faire royalement ch… au rendez-vous…

 

Si c’est ça, les rencontres Internet, ça commence bien ! C’est sûr que maintenant, je suis nettement plus sélective, j’en ai pris de la graine !

 

Le rendez-vous

20h le lendemain, j’arrive au théâtre des arts, je m’assois sur un banc. Il fait nuit, les voitures circulent tout autour et devant moi, elles s’arrêtent au feu tricolore qui est le dernier stop avant le franchissement du pont vers la rive Sud de la ville. Beaucoup de véhicules, un ballet incessant de voitures, de bus, de deux roues, bref, somme toute normal pour cette heure à cet endroit…

 

Les minutes passent, et il n’arrive pas. Le feu passe de nouveau au rouge. J’aperçois soudain un grand gaillard qui sort d’une Renault 5 arrêtée au feu rouge, et qui commence à faire de grand signes de bras en me criant « ouh !ouh ! je suis là, j’arrive !»

 

GLOUPS!

Est-ce lui ? Ce gugusse ? Je prie pour que ça ne soit pas lui, mais j’ai beau regarder alentours, il n’y a personne d’autre que moi devant le théâtre… Je ne bouge pas, je reste assise paisiblement sur mon banc. Paisible ou pétrifiée ? Je ne sais pas encore.

Le feu passe au vert, et lui remonte dans sa voiture pour redémarrer alors que certains impatients commencent à klaxonner…

 

Dix minutes passent de nouveau quand j’entends derrière moi les pas lourds de quelqu’un qui arrive en courant. Je me retourne, et c’est bien lui, à moitié tremblant, haletant, transpirant, qui balbutie un « tuuuu… tu es bieeeeeeeeennnnnn Marjorie ? »

« Oui oui, c’est bien moi, bonjour » réponds-je en souriant

« tu m’as pas vu au feu quand je te faisais signe ? »

Euh… que dois-je répondre ? je fais l’ignorante, non désolée, je ne l’avais pas remarqué. Je suis certainement la seule dans tout Rouen rive droite d’ailleurs quand on y pense…

Je me voyais mal sautiller sur le banc à mon tour en agitant aussi les bras dans les airs en criant « je t’attends Philiiiiiiiiipe, je t’attends ! »

 

Il est fier de m’avoir trouvée, s’excuse d’avoir dû tourner en rond pour trouver une place, car il n’en trouve jamais, il n’a pas de chance avec les places de parking non plus.


ENNUI MORTEL

Nous nous retrouvons dans le premier bar du coin, inutile de traîner en longueur, le bar le plus agréable de la ville sera d’un ennui mortel avec lui. A moins d’aimer les maladroits et de trouver à leur gaucherie un charme inimitable. Mais personnellement, les Bozo le clown m’amusent assez peu, tout comme les mister Beans.

 

Il est tout sourire, et me dit que c’était obligé que je le reconnaisse, « tu vois, c’est bien la chemise Manoret dont je t’avais parlée hier » Pour sûr ! Je l’aurais reconnu à sa chemise…

 

Il repart dans un monologue, et moi je tourne ma paille dans ma grenadine pour faire fondre les glaçons en pensant à mes priorités au boulot le lendemain matin, mon rdv avec un gros client et j’ai une terrible envie de rentrer me prendre un bain et de me coucher.

 

Pauvre Philiiiiiiiiiiiiiiiipe !!

Je suis la première personne qu’il rencontre sur le site, il est content car son expérience en agence n’a pas porté ses fruits. Il a dépensé beaucoup d’argent déjà et n’a pas eu de chance.

L’agence était aussi mauvaise que les deux précédentes… Moi je pense que traîner des années dans les agences, ça n’est pas la meilleure solution. Et à le voir, on comprend presque pourquoi il est encore tout seul. Il dit qu’il n’a pas de chance avec les agences. Voilà la teneur des deux premières minutes de conversation.

 

Il n’a pas de chance avec les femmes, qui ne veulent jamais le revoir. Il poursuit sur ses malheurs et son incompréhension de la gente féminine…

 

« Et sinon, tu vis où ? » J’essaye désespérément de trouver un sujet autre que celui de ses déboires amoureux, qui franchement m’exaspèrent au plus haut point.

 

Alors il m’explique sa dernière aventure : Il a eu une surprise désagréable récemment. Il vient d’acheter une maison à la campagne, et de quitter la maison parentale (à près de 30 ans, c’set bien !) et pour la première fois de sa vie, il s’est fait plaisir en s’achetant une jolie voiture neuve. Je suis ravie pour lui. Le seul soucis, c’est qu’il l’a garée dans son joli garage et que dans la nuit, les eaux de la Seine on monté et la voiture s’est retrouvée sous un mètre d’eau. Sa jolie voiture est déjà morte. Normal, il n’a pas de chance.

 

Là, franchement, je me mords la langue terriblement fort pour ne pas sourire. Et j’attrape mon verre, je bois la grenadine d’une traite et repose le verre. J’ai eu ma dose, ma patience a ses limites.

 

RAS LE BOL

« Bon eh bien tu m’excuses, mais je suis fatiguée, je me lève tôt demain et j’ai pas trop le temps de discuter. » Sur ce, je me lève, et lui, tout surpris me demande si je ne veux pas un autre verre. Je refuse poliment, et je me dirige vers la sortie. Je crois que dans ce rendez-vous là, j'ai battu un record en terme de rendez-vous écourté.
Maximum un quart d'heure, et c'est généreux!

 

Il insiste pour me raccompagner jusqu’à ma voiture, dans le genre collant, mielleux, on fait difficilement mieux… Il sera également difficile de m’en débarrasser car même la portière ouverte, il ne comprend pas le message et continue à parler de lui, de ses malheurs, de ses problèmes de communication avec les femmes, bref, j’ai le droit au Tome 1 des « Malheurs de Philippe » et je sais d’avance que je ne voudrai pas du Tome 2.

 

Il me supplie presque de l’autoriser à me rappeler et ce n’est qu’à cette condition que je le vois me laisser le passage vers ma voiture ou je me glisse avec soulagement. « oh, c’est gentil ça, parce que tu comprends, d’habitude les femmes, elles me disent que ce n’est pas la peine que je les rappelle, alors c’est drôlement gentil de ta part ! » Moi, je démarre, et je n’ai qu’une hâte, être loin de lui !

 

Inutile de dire qu’il m’a rappelée dès le lendemain soir en bafouillant au téléphone. Là, je n’ai pas été tendre avec lui, mais j’ai préféré être claire dès le début et je l’ai remercié en lui disant que je ne souhaitais pas le revoir, mais bonne chance dans sa recherche. La conversation fut courte, mais claire. J’avais assez perdu de temps.

 

En tous cas, pour lui le pauvre, j’ai agis comme toutes les autres femmes en lui refusant un autre rendez-vous. Pas de chance !

Par Whereistheone, alias Marjorie - Publié dans : Les rencontres / Meetings
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Mardi 27 décembre 2005
Ce soir je suis allée prendre un verre avec un de mes correspondants de longue date, un vieux de la vieille, et surtout un des rares qui ait su me supporter sur le net depuis des mois sans broncher sur mon emploi du temps de folie (enfin presque),

sans se plaindre que je n’étais jamais disponible pour une rencontre (à bon entendeur…)

et sans me poser d’ultimatum ou me forcer à le voir ASAP (asap = as soon as possible = dès que possible)

Enfin un qui a compris que je rencontrais quand je le pouvais et quand je le décidais !!!

Ceci étant, il est vrai que vu la distance qui nous séparait, c’était difficile de se voir facilement. Eh oui, je suis en Normandie jusqu'à demain et j’en ai donc profité pour le rencontrer. Je crois bien que je connais Mister Nick depuis mars ou avril… je ne saurais dire en fait. Mais j’ai peu de correspondants longue durée, à croire que la plupart ont vite fait de passer à autre chose si je ne réagis pas dans le quart d’heure, ce qui m’est de toutes façons impossible vu la vie que je mène.

Donc je suis ravie, il est dans la vraie vie comme sur le net, une personne cool, accessible, et ne se prend pas la tête. OUF !

Comme quoi on rencontre des gens sympas sur le net aussi, quand on sait trier ! Voilà, donc j’ai un pote virtuel moins virtuel depuis ce soir, et je suis ravie. Le net est un formidable outil de mise en relation, et comme il le disait lui-même, c’est une impulsion (j’aime bien le terme car il est positif), et je suis ravie d’avoir enfin fait sa connaissance car, même si on n’est pas fait l’un pour l’autre, au moins, on a des choses à se dire quand on papote, et c’est déjà très bien. En plus, on pourra se raconter nos galères respectives dans notre quête du graal, moi au pays des galettes bretonnes, et lui au pays de la crème fraîche. Vive le net !

Par Whereistheone, alias Marjorie - Publié dans : Les rencontres / Meetings
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Samedi 10 décembre 2005
Ben encore une rencontre inutile ce soir. Cela dit je n’en espérait rien alors vu que ce cher interlocuteur me demandait pour la 5e fois une rencontre, et qu’il était très poli, sans être insistant, eh bien je lui ai dit ok. En fait, j’ai surtout dit que j’allais voir un film a 18h à l’UGC Atlantis et que s’il voulait se joindre à moi, on pouvait se voir et boire un verre avant d’aller voir le film en question. Ce qu’il a accepté.

Moi dans un sens je n’allais pas au ciné seule, et puis comme cela faisait un petit bout de temps que je n’avais rencontré personne, je me suis dit pourquoi pas. Sur sa photo, il ne me plaisait pas, mais vu qu’on me dit que je suis toujours difficile, je me suis dit ok, il a de la conversation celui-là, alors allons-y.

Résultat, mec sympa, simple, mais rien de très positif si ce n’est qu’il parlait facilement et n’avait pas l’air coincé ou frustré.

Un type pas très grand (il a rajouté des centimètres sur sa fiche on dirait),

plus beaucoup de cheveux (sa photo date visiblement) ;

un sourire pas terrible car pas sexy - soignez vos dents messieurs, c'est tout de même important! (mais un sourire quand même, il n’est pas désespéré, c’est bien)

aucun charisme (enfin pas pour moi ; tout étant relatif)

Il ne laissera pas un grand souvenir celui-là, mais au moins il passera à une autre.

La prochaine fois, je choisirai un type qui me plait physiquement, au moins j’aurai le plaisir des yeux.

Par Marjorie - Publié dans : Les rencontres / Meetings
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Mardi 22 novembre 2005

LE REVOIR...

Souvent je l’imagine, face à moi lors d’une conversation très intimiste, un échange presque susurré, des phrases à peine audibles, dans une atmosphère un peu sombre, une ambiance feutrée, un soir très tard, après avoir parlé des heures ou toute une nuit. Il me dirait « et pourquoi moi ? » enfin il dirait surtout ça en anglais : 

"WHY ME?"

Et là, que lui répondre ? Et surtout que puis-je dire qui soit sincère sans être ridicule…

Répondre en deux mots ? « Parce que » comme lorsque j’avais 5 ans, mon expression favorite de l’époque.

Répondre en trois mots ? «Toi sinon personne » pour faire référence à une chanson de France Gall, mais il n’aurait pas cette référence culturelle de par son origine, donc impensable

Répondre en une phrase ? « Eh bien parce que tu me plais et c’est tout » mais pas très original ; sûrement pas la réponse qu’il attendrait et indigne de lui

Faire un paragraphe légèrement plus dense ? « Parce que depuis le jour où je t’ai vu, je craque, je suis irrésistiblement attirée et c’est inexplicable » Je le vois sourire d’avance…

Quant à moi, je ne pourrais pas le regarder en face, c’est sûr !

Non, rien de tout cela. Je ne pense pas que cela pourrait se résumer ainsi. Parce que ce n’est pas moi de faire des phrases courtes, de faire des réponses brèves à des questions complexes, moi qui en rajoute toujours. J’aurais bien envie de lui dire tout ce que j’ai sur le cœur depuis si longtemps.

Mais oserais-je lui dire…

Que depuis nos premiers échanges d’emails, je l’ai trouvé sympathique, intéressant et différent. Le temps écoulé entre chaque mail de lui, je me souviens, c’était une surprise bien agréable de trouver quelques phrases au bout de quelques jours sans nouvelles. Peu de choses, mais toujours joliment dites et la marque de quelqu’un qui sait ce qu’il veut.

SI DIFFERENT

Je n’avais qu’une photo un peu floue à l’époque. Sur sa fiche, un visage de profil, pris en extérieur, les cheveux au vent et longs d’une bonne quinzaine de centimètres. Un regard lointain et mystérieux, comme tourné vers l’avenir. Moi ; j’imaginais une photo prise sur un port de pêche un jour de grand vent, car on devinait le col d’un manteau épais autour de son cou, et cela m’avait bien plu, et intriguée. Je me demandais pourquoi un type disant habiter Paris me contactait à vrai dire… J’ai appris plus tard que c’était Londres mais qu’il était souvent sur Paris.

Il a su maintenir l’intérêt par son manque de régularité dans ses emails, une fréquence bien a lui qui me changeait beaucoup de l’assiduité des autres correspondants que j’avais à cette époque, qui eux s’énervaient dès que je les laissais sans nouvelles plus de trois jours. Jusqu’au jour de Juin où nous nous sommes rencontrés. Il avait dit, dix jours avant, qu’il me contacterait et viendrait me voir ce jour-là. Puis plus de nouvelles. Je ne savais pas s’il le ferait… tout en ayant une vague impression qu’il le ferait. 4 mois d’échange et je savais qu’il était quelqu’un de parole.

Il m’a envoyé un sms ce jour-là, et je lui ai dit où je me trouvais, à quel endroit de cette jolie ville du Cambridgeshire il pourrait me croiser. C’est lui qui m’a trouvée et qui est arrivé par ma droite alors que je consultais l’un de ses messages disant « j’y suis ». Le téléphone, ça sert de l’avoir à la main…

LA RENCONTRE

Un grand sourire, de part et d’autre, et la bise comme deux vieux amis. Il était grand, plus que je ne l’avais imaginé, mais pas trop, pantalon en toile, chemise blanche et veste de laine vert foncé je crois bien, pour rehausser son teint mat. Oui, « la classe » j’ai pensé… Tellement mieux que sur la photo !… Nous sommes allés boire un thé, puis après avoir été expulsés du salon de thé à l’heure du déjeuner, nous sommes ensuite allés dans un restaurant dans la rue d’a coté. On a parlé sans cesse, jusqu'à ce que je doive le quitter vers 16h30 pour être sûre de ne pas manquer mon ferry de retour.

Alors voilà, la rencontre a duré près de 5 heures seulement. C’est court cinq heures… Et en même temps… C’est long, c’est intense parfois, sans que l’on ne s’en aperçoive sur le moment…

 

Alors pourquoi lui ?

Parce que je me souviens de tout, de chaque minute ou presque.

De son allure, classe, mais cool

De sa façon de dire bonjour, son aise et sa prestance naturelle, sa zen attitude

Son charme indéniable

Du naturel de nos pas lorsque nous marchions cote à cote, moi qui cours toujours derrière tout le monde et n’arrive jamais à suivre le rythme de personne

De cette impression de faire connaissance avec quelqu’un que je connais intuitivement

Je me souviens d’avoir frôlé son bras dans la rue, en descendant vers la place ; alors que je regardais en l’air en parlant et que je ne marchais pas très droit (déjà ivre de sa présence ?).

Je me souviens quand, pour lire l’écran de mon portable qui ne trouvait pas de réseau, il n’a pas pris le téléphone mais il a pris ma main dans la sienne et que j’avais ses doigts entourant les miens, l’espace d’un instant.

De son air amusé quand je répondais au téléphone au salon de thé pour un soucis technique professionnel, et que lui me montrait discrètement les panneaux ‘interdit au portable’ juste au dessus de nos têtes.

De son regard quand je lui parlais, de ses yeux qui buvaient mes paroles.

De ses yeux sombres magnifiques

De ses mains fines et masculines, mais soignées jusqu’au bout des ongles

De son expression lorsque tous les deux à la sortie du salon de thé, nous avons rallumé nos portables respectifs pour écouter la messagerie « it’s going to be fun ! »

De sa façon d’ôter sa veste

De sa façon de sourire en détournant le regard, comme s’il était gêné

De sa façon de se tenir quand il m’écoutait parler en croisant les doigts

De sa façon de s’exprimer et de cet accent subtil et pourtant si mystérieux pour quelqu’un qui a été élevé à Londres…

De son sourire magnifique (ouille, j’ai comme un pincement au coeur…)

De ses cheveux noirs et brillants

De sa façon de se passer la main dans les cheveux… (je m’en mords encore la lèvre rien que d’y penser)

De son sourire en coin lorsque je me sentais gênée par une remarque de sa part

De sa façon de dire « c’est la vie » en français avec un accent prononcé, mais à tomber (mon Dieu, je frôle la crise cardiaque)

Je me souviens aussi, à la sortie du restaurant, quand j’ai eu l’intuition qu’il nous manquait quelque chose et lui en ai fait part, il a réalisé qu’il avait oublié sa veste

De la manière dont il a fait demi tour pour récupérer son bien

De l’instant où, debout contre ma voiture, il m’a attrapée par les épaules pour me rapprocher de lui, libérant ainsi la voie à une dame qui passait (quel beau prétexte…)

De cette difficulté à nous dire au revoir sans savoir quand on se reverrait malgré la tentative de trouver une date commune sur mon agenda barbouillé de rendez-vous

De la bise pour se dire au revoir, qu’on a du se faire au moins trois fois…

De son petit coucou à la sortie du parking, quand il me suivait dans sa scénic vert pâle

De ce vide que j’ai ressenti quand je n’ai plus été avec lui, d’un seul coup, seule dans ma voiture…

Et puis le soir dans le ferry, j’ai repensé à ces quelques heures en m’endormant.

ET APRES

L’évidence, sur le coup, ne m’avait pas frappée. Le naturel de la rencontre, presque banale, presque logique, et cette sensation que tout était écrit d’avance, que ma place était près de lui ce jour-là, qu’il ne pouvait en être autrement. Comme des pièces de puzzle qui s’imbriquent parfaitement. Oui, une évidence, mais qui ne s’est finalement révélée que plus tard. On est souvent aveugle à l’évidence de certaines choses lorsqu’elles arrivent tout naturellement.

Je me souviens aussi, après, son SMS le lendemain, pour savoir si j’étais bien rentrée, et je me souviens nos heures de dials par messagerie lorsque nous étions connectés en même temps. Nos conversations, nos points de vue, nos quelques divergences. Et nos nombreuses vues similaires quant à divers aspects de la vie en général. J’ai appris à connaître son exigence de chaque instant, sa droiture, son calme, son respect, sa tolérance aussi, sa patience, sa sagesse incroyable, sa faculté de relativiser. Certaines de ces choses qu’il me manque énormément, et qui me font réfléchir sur mes propres façons de fonctionner.

Et là, j’ai su que je n’attendais que de le voir connecté, de le voir me dire « hi » ou « good morning », car ce n’est jamais moi qui l’abordais, probablement par timidité d’ailleurs… Bizarrement nous ne nous sommes jamais parlés au téléphone. J’aurais eu peur du manque en entendant sa voix et cet accent bien à lui, du moins je le crois. Mais j’aurais aimé qu’il m’appelle. La messagerie instantanée c’est bien, mais il y a le coté frustrant du virtuel tout de même…

Sa fiche a disparu du site de rencontre trois semaines après notre rencontre. Hasard ou coïncidence ? Je ne sais pas, mais je n’avais plus de photo de lui non plus, rien que des souvenirs de ces quelques heures passées avec lui.

UNE SI LONGUE ATTENTE

Je sais encore les jours d’attente vécus, dûs à nos déplacements professionnels respectifs, moi entre la Grande Bretagne et la France et lui entre Londres, Bahrain, Barcelone, Rome, Paris ou ailleurs.

Des jours, parfois trop nombreux, et ce rdv qui ne venait pas, sans cesse reporté par l’un ou l’autre, et ma déception grandissante, cette lassitude d’attendre ce qui ne viendra peut être jamais, jusqu’au clash, un jour triste de Décembre. Parce que j’ai un caractère plutôt direct, et que ma patience a ses limites, et aussi parce qu’une réflexion de sa part m’a beaucoup blessée, je l’ai un peu envoyé sur les roses…

Et je n’ai plus donné signe de vie. Pas que je n’en ai pas envie, mais par fierté, cette putain de fierté qui me tuera peut être un jour si elle ne m’étouffe pas avant ce qui revient au même de toutes façons.

ET SI FINALEMENT...

Pas un signe de lui pendant 11 mois… Je commençais à l’oublier, à me faire une raison et à tourner la page, je vivais d’autres histoires, sans passion, sans intérêt et sans suite. Sans sentiment aussi, pour être sure de ne surtout pas risquer de m’investir, et rester en sécurité dans mon petit monde à moi, ce que je sais faire parfaitement. Mais un seul signe de lui et tout mon petit monde s’écroule de nouveau comme un vulgaire château de cartes.

Mais si je devais le revoir, là, maintenant, j’aurais peur de le croiser de nouveau, de le voir en chair et en os une nouvelle fois, de le sentir de nouveau si proche physiquement, de le toucher ou presque, d’entendre la douceur de sa voix et le charme de son accent. Je ne sais pas si je pourrais tenir ensuite, si on se quitterait aussi bêtement que la seule fois où nous nous sommes rencontrés, en se disant peut être à bientôt sans savoir combien de jours, de semaines, de mois peut être, quand cette prochaine fois pourrait arriver.

Avoir peur de toucher du doigt quelque chose de si fragile, de se brûler les doigts rien qu’en effleurant, comme une bulle de savon éclate au moindre contact… Les chemins de deux personnes peuvent-ils se croiser à plusieurs reprises dans une vie ? Et peuvent-ils ne faire que se croiser sans jamais prendre le temps de s’arrêter un instant, quelques heures, jours, semaines, voire plus ? N’est-ce pas là la métaphore de nos vies professionnelles respectives ? Ne jamais prendre le temps pour soi… Je m’interroge…
 

Voilà, alors si je me retrouvais devant lui, là, maintenant, et qu’il me dise « why me ? » je ne sais pas si j’aurais le courage de dire tout cela. Le ridicule ne tue pas, mais la fierté étouffe parfois, surtout la mienne… Et puis, il pourrait risquer de s’enfuir en courant, non ?

Alors je continue à rêver, car le rêve, ça ne fait pas de mal…

Il y a parfois des heures que l’on aimerait pouvoir tenir au creux de ses mains, pour ne pas qu’elles s’envolent…

Par Marjorie - Publié dans : Les rencontres / Meetings
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